masques (1)

Publié le par jeanphi



Lorsque j'ai appris que les frères Washowski avaient décidé d'adapter le V For Vendetta d'Alan Moore et David Lloyd j'ai tout de suite ressenti une réelle excitation.

Le projet promettait en effet de se faire rencontrer deux univers de ma sous-culture favorite : les comics-books transcendés par des Britanniques allumés des années 80-90 et le cinéma réinventé par deux frangins biberonnés aux comics, mangas et animés.

Puis, alors que je m'apprêtais à découvrir le film en salle, je reçus l'équivalent d'une douche froide en lisant une interview d'Alan Moore dans laquelle, pour faire court, il regrettait amèrement que son nom soit associé au résultat final.
Admirant l'auteur, connaissant son sens de l'éthique, j'en déduisis alors que le film était un ratage, comme l'avait été en son temps l'adaptation d'un autre livre de Moore, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. J'attendrai alors le dvd.

Et quand il est enfin sorti, j'ai un peu hésité, je l'avoue. Ce qui a emporté ma décision a été la sortie, un peu après, de celui de INSIDE MAN de Spike Lee. La coïncidence était trop belle de (re)voir deux histoires de criminels masqués !
J'ai donc enfin vu V FOR VENDETTA.
Réalisé par James McTeigue, qui était un des réalisateurs de seconde équipe sur la trilogie matricielle, sur le scénar des deux frères, le film ne m'a pas déçu.
Certes quelque peu sans surprise dans la mesure où je connaissais déjà l'histoire, c'est néanmoins un voyage cinématographique comme l'on n'en fait pas souvent.
Bien des images m'en resteront, comme le visage halluciné de John Hurt dans le rôle du Chancelier, alors qu'il jouait le personnage principal dans le 1984 de Michael Radford ; mais aussi le personnage interprété par Stephen Fry, qui m'a renvoyé aux Iles du soleil de Ian R. McLeod avec son personnage portant, lui aussi, un masque dans une société ne toélrant plus aucune incartade.
De fait, tous les comédiens, tous britanniques, tous excellents, sauf les deux protagonistes (pas britanniques mais aussi excellents) : Hugo Weaving et Nathalie Portman.
Si le premier porte ostensiblement un masque qu'il ne quitte pas, les amateurs reconnaîtront sa voix et apprécieront l'élégance shakespearienne avec laquelle il délivre le texte d'Alan Moore. La grâce aérienne, surnaturelle qu'il a réussi à conférer à son V le rapproche au plus près, à mon sens, de l'esprit du personnage original. C'était pour ainsi dire le rôle le plus casse-gueûle, et je suis heureux de voir qu'ils ne l'ont pas loupé.
Je n'en dirai pas autant de l'interprétation de Nathalie Portman qui, toute gracile et séduisante qu'elle soit, manque de conviction, de fragilité, de noirceur, pour coller au personnage de Moore. C'est d'autant plus dommage qu'une partie de la promo du film a tourné autour du crâne rasé de la belle, comme jadis celui de Sigourney Weaver dans ALIEN 3.

Visuellement, le film a essayé, sans parvenir à (re)trouver ce grain et cette noirceur donnée par Lloyd au comic-book, de recréer cette Angleterre d'anticipation qui n'est pas sans rappeler celle du RICHARD III de Richard Loncraine.

Mais au bout du compte, et c'est là le mérite que je reconnais au film, c'est qu'il m'a donné envie de relire encore une fois le graphic novel de Moore et Lloyd.

ps (très éloigné de tout ça) : j'ai revu hier soir THE SAND PEEBLES de Robert Wise et ça n'a pas loupé, j'ai à nouveau eu les boules aux deux mêmes moments du film. Sans vouloir ostensiblement jouer les vieux cons, je pense qu'on ne fait plus de films comme ça depuis, et que c'est foutrement dommage. Ou alors y a bien FIREFLY, mais je n'aime pas faire des comparaisons à l'arrache...

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Publié dans amènes pellicules...

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L
C'est qu'il a l'air vraiment pas mal le film de ce que tu en dis
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J
carole > "tirée par la touffe" j'adore, j'adhère !
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C
2-ta comparaison serait super tirée par la touffe.....Je ne sais pas qq films de Cleant Eastwood.....
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C
aouè....
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