liberté pour cesare battisti
![]() | Un peu comme tout le monde, je m'étais habitué au silence entourant la cavale de Cesare Battisti, contraint de fuir l'asile français suite à la trahison par la droite française de la parole donnée. S'il m'arrivait, de temps à autre de repenser à celui qui, non content d'être un de mes polardeux favoris, représentait aussi la possibilité d'une rédemption laïque que la France avait su offrir aux anciens militants italiens d'extrême-gauche violents des "années de plomb", c'était pour le croire à l'abri. Je me rappelle que je m'étais presque disputé avec mon beau-frère à ce sujet, celui-ci ne comprenant pas mon acharnement à vouloir défendre celui qui, selon lui, avait tué. Mais j'ai toujours cru les dénégations de Battisti. |
| Après tout, alors qu'il ne risquait rien, quand gardien d'immeuble parisien il écrivait ses polars pour la Série Noire, qu'est-ce que cela lui aurait coûté d'avouer ces fameux meurtres, pour mieux s'en faire dédouaner. Mais non, bien avant que la justice aux ordres de Berlusconi ne demande à celle dirigée par Perben de lui rendre ce service, Battisti niait. En le contraignant à fuir à nouveau, le gouvernement Raffarin, mais aussi l'actuel en rencardant la police brésilienne qui vient de l'appréhender, sont donc responsables de la fin de la liberté contrariée de Cesare Battisti. En particulier, cette arrestation intervenant quelques jours avant que Sarkozy ne quitte son poste a un arrière-goût de mesure électoraliste qui me file envie de vomir ; tout comme l'attitude, au mieux embarrassée, au pire silencieusement complice, d'une partie de la gauche qui, sous prétexte que Berlusconi a été remplacé par Prodi, n'osent critiquer la politique italienne. J'ai donc officiellement les boules, vraiment. Qu'on ne me fasse pas chier aujourd'hui. |
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