DFQ-8083

Publié le par jeanphi

Conjonction d'une langueur dominicale, d'une indigestion programmée de questions syndicales, et, donc, d'une envie de me vider la tête, j'ai passé le plus clair de mon week-end à voir la deuxième saison de Rescue Me.
Moins foutraque que la première qui oscillait imparfaitement entre comédie de moeurs, peinture acide d'un type insupportablement égoïste, et une évidente ode aux pompiers new-yorkais, la série continue sur sa lancée avec davantage d'assurance, de cohérence, de densité ; appuyant là où ça fait mal quand il le faut, alternant des scènes hilarantes et d'autres plus dramatiques, Rescue Me assume enfin sa part d'humanité et d'imperfection.
Dans une scène, Lou, le lieutenant-poète reproche à Tommy Gavin d'empiéter sur son territoire ; il récapitule la liste des territoires que contrôle chacun dans la caserne : à Franco les femmes, à Garrity
la bêtise, à Tommy la boisson, etc. Dans ce moment, qu'il faut replacer dans un certain contexte (où Tommy écrit de la poésie...), la caserne envisagée comme un microcosme de la société américaine apparaît comme une évidence. D'une série de pompiers aux antipodes de Third Watch  [New-York 911] se réclamant de la comédie en dépit de sa violence intrinsèque et de son personnage parlant avec les morts comme l'héroïne de Medium, on en est arrivé à un syncrétisme, au sens où ils mélangent plusieurs genres, en forme de synoecisme, en les unissant en un seul modèle. Oui, je sais, vous allez trouver que j'en fais beaucoup pour une série quasi-inconnue qu'on n'est pas prêts de voir sur une chaîne hertzienne ou de la tnt, mais quand une télésérie parvient, par sa maîtrise narrative, son souci continu de développer ses personnages, son aptitude à varier les tonalités, les voix et les musiques sans que cela ne soit jamais discordant, alors j'estime que le recours à l'emphase se justifie. Rescue Me est une grande série, bien différente des autres, et tant pis si je suis le seul à le penser.
Par dessus tout, comme dans toute réussité télévisée, ce sont les comédiens qui emportent l'adhésion en ce qui me concerne. Si je n'étais pas un afficionado de Denis Leary dont les performances m'étaient assez inconnues, je demeure admiratif devant la justesse de son jeu. Mais, curieusement, même si l'ensemble de la distribution est impeccable, deux comédiens, aux rôles secondaires, se détachent du lot. Le premier, parce que le plus charismatique en dépit de sa retenue est Dean Winters qui interprète le frère policier de Tommy. Je l'avais découvert, en son temps, dans Oz, avant de le retrouver dans la saison 1 de Unité Spéciale . Le second est Robert Michael Burke qui joue le cousin défroqué de Tommy. S'il s'avère que, en comédien new-yorkais qu'il est, il a en son temps joué lui aussi dans Unité Spéciale ainsi que dans Oz, je me souviens surtout de lui pour son rôle dans SIMPLE MEN de Hal Hartley. Observer, goûter, la qualité de jeu de deux comédiens aussi doués que négligés, est un des plaisirs de cette série.
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Publié dans téléséries

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