jason bourne...

Publié le par jeanphi

Je viens de revoir THE BOURNE SUPREMACY  [LA MORT DANS LA PEAU], l’adaptation réalisée par Paul Greengrass du roman du même nom de Robert Ludlum.

Que de chemin pour Greengrass depuis BLOODY SUNDAY, son film sur la bavure de l’armée britannique qui, le 30 janvier 1972, massacra treize manifestants nord-irlandais catholiques (et inspira ensuite à U2 un de ses hymnes les plus populaires).
Dans une des featurettes (court bonus en forme de reportage que l’on trouve sur les dvds), le producteur explique le choix de Greengrass par le désir de donner une certaine crédibilité documentaire au film. C’est assez dans la continuité de l’européanité voulue pour THE BOURNE IDENTITY [LA MÉMOIRE DANS LA PEAU] réalisé par Doug Liman.
Ce qui est étonnant, quand on compare les deux réalisateurs, c’est que si Greengrass est un Anglais peu habitué aux grosses machineries, alors que Liman est un réalisateur chevronné ayant tâté de la télévision (The O.C.), tous deux ont depuis passé le braquet supérieur.

C’est ce qu’on appelle une affaire qui marche, une franchise. Là où Tom Cruise peine et où Vin Diesel a jeté l’éponge (XXX) pour la jeter ailleurs (y aura-t-il une suite aux CHRONIQUES DE RIDDICK ?), Matt Damon semble avoir trouvé le véhicule qui manquait à son palmarès. Certes, on est bien loin de GOOD WILL HUNTING, mais alors que son compère n’a réussit qu’un demi-succès avec DAREDEVIL lui peut se targuer d’avoir décroché le jackpot. Et sans démériter car, c’était la surprise du premier et ça l’est encore avec sa suite, Damon est crédible, efficace et apporte, malgré une indéniable apparence lénifiante, une dimension complexe au personnage de Bourne.

On est bien loin de la ridicule adaptation télévisée des romans de Ludlum qui vit, naguère, Richard Chamberlain endosser la défroque de Jason Bourne !
Le scénariste Tony Gilroy a su adapter en la modernisant la trame vieillie des romans (initialement, Bourne devait impersonnifier le terroriste Carlos pour l’amener à se démasquer.
Qui se souvient aujourd’hui de celui qui fut longtemps le terroriste international le plus recherché ?) et en la mettant au goût du jour sans la dénature. c’est bien plus que ce que Van Hamme a cru bon de faire en plagiant Ludlum pour “inventer” son personnage de XIII avant de le confier à ce tâcheron de William Vance ! !

Pour en revenir à THE BOURNE SUPREMACY le film supporte une deuxième, et une troisième vision, et c’est bien plus que beaucoup d’autres films. La dynamique reste intacte, y compris quand on connaît le fin mot de l’histoire, et la fulgurance des combats et des poursuite automobiles ne cesse de m’espanter, vision après vision.
Mais la cerise qui reste sur le gâteau, c’est la bande-son, sa musique. A toute franchise son John Barry. Ici, il s’agit de John Powell dont j’avais déjà remarqué le travail sur THE ITALIAN JOB. Son utilisation des percussions, d’instruments atypiques, de claviers électroniques et de cordes symphoniques, donne tout son tempo et sa noirceur aux deux films. Réécouter cette musique, en particulier en voiture, réveille instantanément les souvenirs du film. C’est un test imparable. John Powell est un grand compositeur de musiques de films.

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