revolver...
![]() | – Good dags. Do you like dags ? – Dags ? – What ? – Yeah, dags. – Dags. You like dags ? – Oh, dogs. Sure I like dags. Bon d’accord, ce dialogue non-sensique n’est pas tiré de REVOLVER mais de SNATCH mais vu que ce texte est dédié à domrod, je lui devais bien ça ! Or donc, REVOLVER est le sixième film de Guy Ritchie après THE HARD CASE (1995), LOCK, STOCK AND TWO-SMOKING BARRELS (1998, excellent, voir plus loin), SNATCH (2000, |
| excellentissime, voir encore plus loin), THE HIRE : STAR (2001, qu’il n’a pas écrit et dans lequel ne joue pas Jason Statham : inutile...) et SWEPT AWAY (2002, non merci !). Guy Ritchie est ce rejeton du Hertfordshire qui a épousé une fille du Michigan et qui a redonné au cinéma britannique une énergie qui lui faisait défaut à force de tatchérisme prolongé. Petit retour sur deux films avant de parler de REVOLVER. Dans LOCK, STOCK AND TWO-SMOKING BARRELS [Crime, Arnaque et botanique] Guy Ritchie s’amusait à transformer l’affrontement de plusieurs truands, pas plus futés les uns que les autres, en une comédie grinçante et irrésistible de laquelle émergeaient surtout les figures de Jason Statham et de l’impayable ex-joueur de foot : Vinnie Jones. Ce qui frappait alors c’était le rythme trépidant, quasi frénétique du film et cette décontraction avec laquelle Ritchie faisait évoluer sa pléthore de personnages comme si le spectateur avait l’habitude d’en appréhender autant d’un seul coup. Absolument amoral, totalement jouissif, drôle et comique à la fois, LOCK, STOCK AND TWO-SMOKING BARRELS est toujours un putain de bon film. Dans SNATCH, Ritchie, tout en refaisant jouer ses deux acteurs fétiches, Jason Statham et Vinnie Jones, profitait de ce qu’il était en veine pour se payer les services de pointures aussi irrésistibles que Brad Pitt en gitan boxeur à mains nues, Benicio del Toro en truand accablé d’un besoin de jouer compulsif, Dennis Farina en maffieux new-yorkais. On y retrouvait aussi des Britanniques allumés comme Ewan Bremmer, Jason Flemmyng et Alan Ford. Là encore l’intrigue foutraque assumée (des combats clandestins, un diamant gros comme le poing, un casse foireux, un psychopathe russe...) permettait à Ritchie de laisser libre cours à sa folie douce en faisant se croiser et se recroiser ses personnages en une imitation cinglée de télénovela à la sauce criminelle. Les répliques, toutes plus irrésistibles les unes que les autres, la performance de Brad Pitt (son meilleur rôle ?), la bande -son impeccable, le montage qui ne laisse aucun répit, tout cela fait que SNATCH est un chef-d'oeuvre de comédie criminelle, un bijou à chérir, à voir et revoir sans s’en lasser. Et puis, il y a REVOLVER et là les choses changent un peu. Comment dire ? Est-ce son mariage ? L’échec du film qu’il a offert à sa femme ? Son manque de conviction dans sa conversion à la Kabbale ? Allez savoir mais le fait est que son humeur n’est plus cinématographiquement aussi délibérément joviale que précédemment. C’est d’autant plus étrange que REVOLVER est un film étonnant, intriguant, dérangeant, et que l’on en sort en se demandant ce que Ritchie a voulu dire tout en espérant qu’il ne s’est pas trop foutu de nous. Il ne faut pas, mais alors pas raconter l’histoire, sinon dire qu’on y voit Jason Statham mais pas Vinnie Jones dont la figure a été remplacée par Vincent Pastore, un ancien de The Sopranos, Ray Liotta (grandiose, son meilleur rôle après THE WISE GUYS et NARC) et André Benjamin (un des deux chanteurs de Outkast). Certes, le film a été produit par la firme de Luc Besson mais l’argent est censé ne pas avoir d’odeur non ? Après tout, David Lynch a bien fait des films avec de l’argent de Bouygues ! En fait, REVOLVER pourrait tout aussi bien être l’adaptation d’un comic book tant son absence de repères géographiques et temporels sont manifestes. C’est d’ailleurs la limite du film, comme peut-être de Ritchie lui-même : la caricature et le stéréotype qui faisaient sourire et rire dans ses personnages antérieurs, bute ici sur l’absence de crédibilité des héros de son film. Qui est vraiment Jack Green ? Cette histoire n’est-elle pas un long rêve ? Comment se finit-elle vraiment ? Si Ritchie louche du côté de Lynch (LOST HIGHWAY et MULHOLLAND DRIVE) et de Fincher (FIGHT CLUB), il cite aussi à sa manière les errances du personnage de MEMENTO de Chris Nolan. Du coup, c’est un peu difficile de discerner dans REVOLVER la patte personnelle de Guy Ritchie qui, s’il a voulu se racheter de sa dérive antérieure, n’a pas non plus réussi à créer un film suffisamment cohérent. A moins qu’il ne soit capable que de faire des comédies... |
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