blade trinity...

Publié le par jeanphi

“- Blade, are you ready to die ?
- I was born ready, motherfucker.”



Je viens de revoir le dernier opus de la saga cinématographique de Blade, cette icône créée par Marv Wolfman et Gene Colan pour Marvel.
Je me souviens du personnage du comic book : un Noir ombrageux habillé de cuir sombre, avec un pull à col roulé, la poitrine bardée de pieux en bois et armé de fusil à pompe. A la tête des Nightstalkers, il traquait, aux côtés d’un descendant du Van Helsing de Bram Stoker, le vil comte Dracula qui, en son temps, eut un comic book pour lui seul, écrit et dessiné par les mêmes Wolfman et Colan. Le personnage était assez inintéressant vu que, à l’instar du dr Morbius (autre vampire célèbre de la maison Marvel), c’était Dracula le héros !
Avec BLADE TRINITY Goyer boucle la boucle entreprise dès 1998 et l’apparition de sa version de Blade : l’équipe de jeunes-qui-n’en-veulent – dans laquelle on trouve Ryan Reynolds (excellent à mon sens), un ex-vampire, et Jessica Biel (une ex-Sept à la maison), la fille de Whistler, le mentor et ami de Blade – s’appelle en effet les Nightstalkers et le bad guy du film n’est autre que le seul et unique Dracula !
Ah, certes, ce n’est pas Bela Lugosi ni Gary Oldman dans la version de Coppola ; ni même encore de celui de l'épisode 1 de la saison 5 de Buffy the Vampire Slayer ou celui réinventé par Kim Newman dans sa trilogie uchronique (1).
Non, il est ici joué par un type dont on connaît enfin l’identité : Dominic Purcell (2). Mais on s’en fout parce que, contrairement à l’adage hitchcockien voulant qu’un bon film doit avoir un bon méchant, celui des films de la trilogie n’a que peu d’importance. Ou si peu...

Ainsi, dans le BLADE de Stephen Norrington (3), le méchant vampire est joué par l’insipide Stephen Dorff, ce qui permet de nous concentrer sur le méchant antihéros qu’est Wesley Snipes aux côtés d’un Kris Kristoffersonà son meilleur.
L’esthétique du film est déjà un peu fatiguée, comme un lointain souvenir des années quatre-vingt dix mais il contient deux séquences hallucinées : l’ouverture dans la boite de vampires, prodige martial et graphique, et le meurtre ensoleillé d’Udo Kier sur la plage.
Quatre ans plus tard, c’est Guillermo del Toro qui s’empare avec Goyer du personnage pour en faire la version la plus baroque. Véritable synoecisme entre l’oeuvre des créateurs originels, le personnage du premier film et l’univers déjanté de del Toro (cf. ses vampires mutants) paraphrasant celui de Mike Mignola, BLADE II  est un pur régal de fan qui, situé à Prague pour des raisons budgétaires, ramène notre héros dans le coeur de la vieille europe. C’est aussi une variation sur le thème des DOUZE SALOPARDS mâtinée de SEPT MERCENAIRES puisque Blade se voit obligé de faire équipe avec un escadron de la mort vampire mené par l’impayable Ron Perlman, dans lequel on reconnaît aussi le chorégraphe martial Donnie Yen.
C’est mon préféré, du début à la fin, et la seule entorse à mon affirmation puisque le méchant interprété par Luke Goss est très séduisant malgré. Et, avis aux amateurs, le commentaire du film est hilarant.
Notons aussi que, à la différence du premier où les personnages féminins étaient accessoires ou pervers (la mère de Blade...), celui de del Toro donne la part belle à celui de la fille du patriarche des vampires jouée par Leonor Varela (4).
Enfin, le dernier opus, BLADE TRINITY, réalisé l’an passé par David S. Goyer lui-même, auteur du scénario encore une fois (5), qui, je l’espère, met fin à la saga. En ressuscitant Dracula qui, comme je le suggérais, ne fait pas un adversaire si convaincant même s’il peut marché sous le soleil (6). Les vampires secondaires, sont, en revanche assez cinglés, en particulier leur chef, une femme, jouée par Parker Posey qui, enfin son personnage, est censée avoir des crocs dans son vagin !
BLADE TRINITY est aussi, ne nous le cachons pas, un long film promotionnel pour la firme de Cuppertino. Ainsi le personnage de Jessica Biel passe son temps avec son casque d’iPod dans les oreilles et on la voit même mettre à jour son engin via iTunes !
Il n’empêche que ce film est aussi, sinon plus, jouissif que les deux premiers tant Goyer s’est amusé à caricaturer le personnage hiératique de Blade qui, par contraste avec la relève, fait figure de dinosaure déconnecté de la réalité. Il y a comme un désespoir dans cette histoire qui n’est pas sans rappeler celui des films de Roméro : jamais les vampires ne seront vaincus, c’est un combat perdu d’avance. Mais, tant que Blade est là...


(1) à lire, d’urgence, Anno Dracula (J’ai Lu 4966), Le baron rouge sang (J’ai Lu 5090) et Le jugement des larmes (J’ai Lu 5426).
(2) il interprétait en effet le personnage principal de la défunte série John Doe.
(3) qui, dans LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRE dirigera ainsi Mina Harker, l’égérie de Dracula dans le roman de Stoker...
(4) qui est, mais alors, largement plus crédible que Kate Beckinsale dans UNDERWORLD...
(5) comme ceux de DARK CITY, BATMAN BEGINS, mais aussi des merdes...
(6) il y a au début du film une image absolument géniale : des vampires (on le devine après) débarquent en plein désert moyen-oriental, caparaçonnés dans des armures qui les protègent du soleil. Avant de pénétrer dans la ziggourat où repose qui vous devinez, l’un d’eux tend son majeur vers le soleil rayonnant : parfait !

ps : oué, c'est vrai, je n'ai ni parlé des dernières versions de Dracula, ni même de VAN HELSING de Stephen Sommers, mais bon, hé, démerdez-vous aussi !
pps : un lien pour lire le script de Joss Wheedon du film de BUFFY...
ppps : cadeau, Soul Dracula par Hot Blood !

<
Publicité

Publié dans amènes pellicules...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Pas mieux !
Répondre
D
Blade III. Ouaip. Bon.
Répondre