capilliculture...
![]() | Cet après-midi, je suis allé chez le coiffeur. Même si je suis un thuriféraire assumé de Pierre Desproges, j’ai cependant du mal à le suivre quand il disait : “Je hais les coiffeurs..” Bon, il faut dire qu’il expliquait ensuite que c’était la mère de ses enfants qui lui coupait les cheveux et que, dépourvu que je suis d’enfants et de mère afférente, je ne puis m’en remettre qu’aux services de capilliculteurs (ou trices). Je connais des gens, dont un qui s’y reconnaîtra, qui peuvent, grâce à une coordination des membres étonnantes et un cuir chevelu complice, se les couper seuls. Je les envie sans que ça me fasse des nœuds au bide. Enfin sauf quand je raque mes quinze euros mensuels. |
| Enfant, longtemps, je fus victime des velléités capillicultrices maternelles. Le résultat, toujours improbable, évoquait furieusement un compromis entre la coupe de Jerry Lewis et celle de Bernard Thibaut. A un point tel que, dès que j’ai commencé à gagner de la thûne en fabriquant des hamburgers pour une célèbre holding franco-belge, je me suis empressé d’aller derechef chez un coiffeur. Il faut dire que je me souviens encore très bien de mon premier salon. Pas avec cette nostalgie sensuelle éprouvée par le héros de LE MARI DE LA COIFFEUSE, mais avec un émoi réel. C’est mon parrain qui m’avait conduit dans le salon où, déjà, enfant, son père l’avait amené. C’était une époque où le fauteuil se retournait à 180° pour le shampooing, avant de se retourner pour la coupe. le coiffeur avait une blouse blanche, il mettait des coussins sur le fauteuil qu’il devait ensuite surélever en pompant avec le pied. J’étais en entrant comme en sortant, fier comme Artaban. On m’aurait fait fait faire un costard sur mesures que ça n’aurait pas été mieux. Enfin sauf pour a garde-robe... Mais l’émotion, elle est venue plus tard, quand j’ai commencé à fréquenter, salaire d’étudiant oblige, une école de coiffure où les coupes étaient bon marché et où, quand j’avais de la chance (soit pas toujours), j’étais shampouiné et coiffé par une jeune femme accorte et gironde. Non parce que, c’est pas pour faire de l’homophobie, mais se faire tripoter le cuir chevelu par un gay coiffeur, ça n’a jamais été ma tasse de thé. Ensuite il y a eu des années délicates, comme celle où j’ai dû subir, durant mes classes, une coupe militaire qui, même estampillée Armée de l’Air, n’avait rien de très excitante. Et puis, enfin, je me suis posé en Bourgogne où, par paresse et commodité, j’ai choisi le premier salon proche de mon domicile pour en faire mon prestataire capillaire privilégié. Et je m’en félicite parce que, en dépit de RTL en fond sonore, et des questions sur l’enseignement et le temps qu’il fait, je suis satisfait de ma coupe. Y a juste un truc : je n’ai jamais plus été ému jusqu’aux tréfonds par le contact de doigts professionnels avec mon crâne (enfin, sauf une fois, à Toulouse, y a un an de ça, mais ça ne compte pas) et ça me manque un peu. Enfin, tant que j’ai encore plein de cheveux (zéro calvitie les gars !) et qu’ils continuent à blanchir, j’ai de l’espoir. ps : amateurs de Sf, allez faire un tour sur la boîte à images... |
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