band of zombies...
![]() | Avant de descendre à Toulouse j’avais revu deux grandes pièces de guerre : THE BIG RED ONE de Samuel Füller et Band of Brothers, la mini-série de HBO. A Toulouse, j’ai vu deux films de zombies également agréables quoique l’un plus drôle (SHAUN OF THE DEAD) que l’autre (LAND OF THE DEAD). La convergence unissant ces quatre films (Band of brothers est autant un film à mes yeux que les autres) m’est apparu hier après-midi en revoyant en dvd (zone 1 dégotté à 7 euros à la Fnac car il n(y a pas, à ma connaissance de version en zone 2 française de disponible) du chef-d'oeuvre de Sam Peckimpah, THE WILD BUNCH aka LA HORDE SAUVAGE. Sans jouer au petit jeu des six degrés de séparation, j’aurais pu me contenter de dire que Wild Bunch est le nom du studio de cinéma derrière le film de Roméro ou encore que tant les trouffions de Füller que ceux de la téloche sont tous des “salopards” pouvant former une égale horde sauvage. Plus simplement, comme une évidence, tous sont des morts-vivants. Des zombies. |
| Il y a dans Band of brothers une scène dans laquelle un officier explique à deux soldats que plus tôt ils se feront à l’idée qu’ils sont déjà morts, plus tôt ils pourront fonctionner efficacement en tant que soldats. Les bidasses mené&s par Lee Marvin avancent au mépris de la mort, tout comme les héros de Peckimpah car ils savent qu’ils ne s’en sortiront sûrement pas. Dans SHAUN OF THE DEAD, le générique montre des passants, des voyageurs dans un bus, des ados, comme autant de zombies en puissance, déjà moutons au regard vide alors que rien ne s’est encore passé. Dans LAND OF THE DEAD, les vivants ne sont que des zombies en puissance car destinés à mourir tôt ou tard et, donc, à revenir, tandis que les zombies s’humanisent en agissant de manière grégaire et raisonnée. Dans THE WILD BUNCH (pas celui de Billy the Kid, celui de Peckimpah), deux vieux anciens soldats devenus, pour l’un, bandit, pour l’autre chasseur de primes, interprétés par William Holden et Robert Ryan, se tirent la bourre sur fond de révolution mexicaine, semant la mort sur leur passage du début (la séquence de l’attaque de banque) à la fin (le gunfight dantesque dans la caserne de Mapache), avec un égal mépris pour les conséquences et une équanime efficacité à la distribuer. Le film de Peckimpah marque la fin d’un genre, le western en en créant un autre, sans nom particulier, un territoire des morts à part, à la frontière de tous les genres cinématographiques (ce n’est pas pour rien que l’on repense à LA CROIX DE FER, le film que Peckimpah réalisera six ans plus tard, en montrant la seconde guerre mondiale du côté allemand). Les héros de western ne sont plus que des soutiers courant après un gain illusoire, baisant ici ou là, détroussant les cadavres, s’accrochant à un code d’honneur qui s’effiloche.... Morts-vivants, ronins en vrille sanglante, les membres de cette horde sauvage ont beau se répéter que, après ce coup, ils se retireront, ils savent intimement qu’ils n’échapperont pas à leur destin. Ironiquement, les héros de LA HORDE SAUVAGE continueront à ne pas y échapper : Warren Oates reviendra au Mexique chercher la tête d’Alfredo Garcia pour Peckimpah cinq ans plus tard, Robert Ryan pourra quatre ans plus tard ; quant à William Holden, il connaîtra un chant du cygne en 1973 grâce au merveilleux BREEZY de Clint Eastwood mais finira par mourir en 1981 à cause de l’alcool, qu’on le voit s’enfiler tout au long du film de Peckimpah... ps : la musique du film est bien sûr signée par Jerry Fielding, compositeur émérite de musiques de film et musicien de jazz qui signa aussi la partition du film d'Eastwood – THE GAUNTLET [L'EPREUVE DE FORCE] – et qui avait le chic pour donner à un film, policier ou western, la tonalité d'un film de guerre épique. Il composa aussi celle de APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA... |
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