this is sparta ! (2)
![]() | Après l'adaptation par Robert Rodriguez et Frank Miller du Sin City de ce dernier, l'accouchement sur grand écran de 300, l'épopée graphique écrite et dessinée par Miller (et mise en couleurs par sa femme, Lynn Varley) par le jeune Zack Snyder est comme prévu une réussite. Et je ne suis pourtant pas un fan de Snyder qui à mes yeux a commis un crime de lèse-majesté en refaisant le ZOMBIE de Roméro et en faisant courir ses zombies au mépris des codes établis. Pire encore, il est en train d'adapter les Watchmen de Alan Moore et Dave Gibbons, au risque de tomber dans le cercle des damnés dans lequel Moore envoie quiconque s'empare de ses oeuvres... Mais bon, j'ai été élevé, non à la spartiate, mais en m'entendant fréquemment répéter cet adage mirifique : "Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis". Du coup, partant de là, ne retirant rien à ce que j'ai pu dire concernant son film de zombies aussi excitant qu'une rediffusion de Peyton Place, j'accorde officiellement, dans l'ordre, un satisfecit à Snyder pour son adaptation respectueuse (et plus encore) de 300, mais aussi un jeu de cartes "parades" des Mille Bornes pour son avenir. Je m'explique. |
| 300, avant de devenir un film sur grand écran, fut donc un graphic novel, ce qui à mon sens le range dans la catégorie romanesque, dans une dimension polémique qui n'est plus celle de la bande-dessinée, mais est encore ancrée dans une réalité commerciale. Voilà pourquoi il faut prendre le temps de lire "Du comic-book au graphic novel" de Jean-Paul Gabilliet avant de la ramener comme les tâcherons de Libé, Alexis Bernier et Bruno Icher, se sont sentis obligés de le faire. 300 n'est pas la première (ni la dernière, c'est certain) adaptation cinématographique d'un graphic novel. Rappelons, dans le désordre, le réussi A HISTORY OF VIOLENCE de Cronemberg tiré de l'oeuvre de John Wagner et Vince Locke ; V FOR VENDETTA d'après celle de Moore et Lloyd qui fut à moitié réussie, l'excellent ROAD TO PERDITION de Sam Mendès d'après la collaboration entre Max Alan Collins et Richard Piers Rayner ; enfin, le FROM HELL d'Alan Moore et Eddie Campbell dont les frères Singleton firent un assez intéressant film gothique mais sans réussire à rendre la noirceur et l'angoisse de l'oeuvre originale. Le parti pris de Snyder a été, dès le début (cf. son journal de bord vidéo sur le site officiel) de coller au plus prêt des planches de Miller, animant (sans passer par le dessin animé) comme on insuffle de la vie dans une marionnette, ses Spartiates commes des diables sortant de leur boîte. Et en cela il a eu raison, et en cela il s'en sort plus qu'honorablement. Il ne s'agissait pas de faire un péplum plus réaliste que les autres (voyez Rome pour cela), mais rendre hommage et respect à une oeuvre abrupte et rude sans aller chercher midi à quatorze heures. Et Snyder a raison de clamer son innocence quand on vient lui chercher des poux sur la tête en l'accusant, par paresse intellectuelle, d'avoir fait une parabole machiste, guerrière (et va-t'en-guerre) et fascisante remplaçant l'Irak par la Perse et les Spartiates par la coalition (ah, ces Arcadiens !), c'est-à-dire l'armée américaine. On avait déjà fait le coup à Miller et Rodriguez à l'époque de SIN CITY, n'y voyant qu'une apologie de la chaise électrique et donc de la peine de mort. Putain mais qu'est-ce qu'il leur faut à tous ces peine-à-jouir qui ne peuvent accepter le talent de Miller sans le traiter de facho à tout bout de champ ? Quelle misère, quelle pauvreté, quel manque d'arguments ! Entendons-nous les mêmes jérémiades au sujet d'Homère ? Avons-nous vu le TROIE de Petersen voué aux gémonies sous prétexte qu'il n'était question que de types à moitié nus se tuant sans raison ? Non. Et pourquoi ? Je me pose honnêtement la question n'étant ni facho, ni macho, ni militariste, ni adepte de jeux vidéos, ni fan de hard rock, ni tout ce que les critiques de Miller jugent bon de lui associer comme épithètes ultra-connotés. L'évidence de la beauté graphique de l'oeuvre de Miller ne m'a jamais posé de problème et son passage au grand écran non plus. Et les cartes "parades" dans tout ça, me direz-vous ? Eh bien, si d'aventure, son adaptation des Watchmen se révèle un désastre, je lui pardonne d'avance parce que, a) il a fait 300 et b) je peux toujours le relire, sans m'en lasser, sans être déçu. nb : (re)vus ce matin les bande-annonces de SPIDERMAN 3 et de TRANSFORMERS qui m'ont vraiment donné envie ! |
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