s comme schneider
![]() | Par paresse, par lâcheté, par bêtise, par respect de schémas obsolètes, par incurie, par impéritie, les chaînes françaises ne savent pas faire de bonnes séries policières. C'est un avis qui a le mêrite de n'engager que moi, ainsi qu'une grande parie de la profession qui le reconnaît tout en s'avouant impuissant. De fait j'arrive à compter sur les doigts d'une main, et encore, avec assez de marge pour jouer un yakuza, le nombre de télésérie produite par une chaîne hertzienne et qui m'ait donné envie de la suivre sans zapper. Depuis hier soir, il y en a une nouvelle qui, je l'espère du moins, ne se limitera pas à cet épisode qui est assurément un pilote sans avoir l'air ni le nom. Un flic n'a rien à voir avec l'univers du Melville auquel il emprunte son titre, même si, a posteriori, je trouve une certaine nonchalance féline commune à leur héros respectif. Car s'il fallait lorgner vers un héros cinématographique, ce serait plutôt du côté de SHAFT de Gordon Parks. |
| Première agréable surprise : Schneider, le héros de Un flic est, ne vous fiez pas à son nom, noir. interprété par Gaëtan Kondzot, un Congolais venue du théâtre, ce qui fait de lui le second à incarner un héros policier après Pascal Légitimus et son personnage de Thomas Berthier dans Crimes en série. Il joue avec une classe consommée un type efficace, avare de mots mais qu'il choisit avec précision. Une sorte, enfin, de croisement entre Samuel Jackson et Denzel Washington. Deuxième surprise, la série a été concue par Hughes Pagan, un ancien policier lui-même à qui on doit l'une des seules vraies bonnes séries policières à mon goût, à savoir Police District. Troisème surprise : les personnages autour de notre héros réussissent à exister, du moins ceux à qui on donne la parole ; qu'il s'agisse de Tourneur (Alain Caron) ou Alex (Marie-Gaëlle Cals, quelles lèvres et quels yeux !) deux de ses équipiers, ou encore du technicien de l'identité judiciaire. Quatrième bonne surprise : la mise en scène de Frédéric Tellier est très réussie, ne tombant pas dans les clichés qui plombent les habituelles séries policières françaises qui s'échinent à vouloir refaire leurs modèles américains. Juste avant, il y a déjà trois ans, il avait écrit, avec Pagan, Paul Sauvage, un téléfilm avec Olivier Marchal (PD qui aurait du servir de pilote à une série pour M6 mais qui n'a pas rencontré son public. Pas vu de toute façon, alors. Donc si je résume, le seul défaut de ce téléfilm est a priori de se dire qu'il nous prépare à des mois de frustration, et encore, en espérant que france 2 ait assez de jugeotte pour lui donner d'autres épisodes. |
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