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| Hier soir, jai revu THE DEER HUNTER de Michael CIMINO. Réalisé en 1978, quatre après le succès d'estime de THUNDERBOLT AND LIGHTFOOT [Le Canardeur], un chouette film d'action mettant en scène Clint EASTWOOD et Jeff BRIDGES, VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER est le film qui lança la carrière aussi chaotique que géniale de CIMINO. Récompensé par cinq oscars et un succès public sans équivoque, quelques années à peine après la débâcle américaine du Viêt-nam, le film est plus une histoire de personnages qu'un film de guerre. Celle-ci n'occupe qu'une place marginale dans les trois heures que dure le film. Certes, l'histoire serait tout autre s'il n'y avait pas les trois séquences de roulette russe, mais la majeure partie se situe en Pennsylvanie, dans cette région montagneuse où chaque arbre est différent, et où les fumées noires des aciéries donnent à ce coin d'Amérique un air d'Europe centrale. Si ses héros sont bien all american, ils n'en ont pas moins gardé leurs origines européennes (russe ?). Le mariage, qui occupe un bon tiers du film, a lieu dans une église orthodoxe et les danses qui lui font suite sont folkloriques sans être jamais exotiques. De fait, quant à la fin du film, les personnages se mettent à chanter a capella God Bless America, il n'y a pour Cimino, aucune place pour le sentimentalisme ni le patriotisme ; Nick vient dêtre enterré, Steven n'a plus ses jambes et Michael ne sera jamais plus le même. L'Amérique non plus qui aura vécu cette guerre via la télévision et qui l'aura arrêtée sous la pression de ses enfants. |
| Dans la carrière aberrante de Cimino, THE DEER HUNTER est l'anomalie qui annonce la suivante : HEAVEN'S GATE. S'il a pu tourner sa PORTE DU PARADIS grâce au succès de son VOYAGE..., Cimino, ne retrouvera jamais plus les faveurs du public et des studios (le film coulera la United Artist). La descente aux enfers continuera, alternant les réussites (THE YEAR OF THE DRAGON, DESPERATE HOURS) et les échecs (THE POPE OF GREENWICH VILLAGE, THE SICILIAN). Son ultime film, THE SUNCHASER (1996) est comme l'épitaphe d'une carrière inaboutie. Relire la biographie de Cimino, cest aussi (re)découvrir quil écrivit le scénario d'un des plus controversés films d'Eastwood (MAGNUM FORCE) et de l'un des plus mélancoliques films de SF (SILENT RUNNING, oui, celui que Ruth Fisher regarde avec l'autre crétin). Il faut aussi, si vous le pouvez regarder THE DEER HUNTER dans sa version dvd, voir les trois interviews qui sont proposés en bonus. Ils sont brefs, donc frustrants, mais intenses. Celui de Cimino, est hallucinant : il a des lunettes de soleil qui lui mangent la moitié du visage et de longs cheveux qui le font ressembler à ce personnage de méchant dans "The Last of the Cybernauts", un épisode de The New Avengers. Il y raconte comment John Cazale (dont on se souvient surtout de son rôle dans LE PARRAIN) qui avait un cancer dont il mourut peu de temps après la fin du tournage, vivait alors avec Merryl Streep (eh oui !). Il y raconte aussi comment (contrairement à la version qu'en donne John SAVAGE et qui est plus crédible !), il manqua de mourir lors du tournage de la scène de l'hélico et du pont. Celui de John SAVAGE, donc, est encore plus court, mais il laisse ensuite un étrange malaise. Il commence par expliquer que son père était un marine qui revint vivant mais traumatisé à jamais de sa participation à la bataille de Guadalcanal. Il décrit ensuite avec enthousiasme l'exaltation qui fut la sienne et celle de ses acolytes durant le tournage. On comprend alors que l'adrénaline coulait à son maximum (probablement pas que ça...). Et puis, évoquant un repas au cours duquel son hôtesse avait mis le disque de la musique du film (de Stanley MEYERS), sa voix s'étrangle, ses gestes et son regard deviennent flous, des larmes lui montent du ventre. Enfin, il y a celui de Vilmos Zsisgmond, lautre héros du film, le directeur de la photo qui venait de faire le CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND de Spielberg mais qui avoue que THE DEER HUNTER fut son meilleur film. |
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