deadwood...

Publié le par jeanphi

Vous connaissez, j’en suis sûr, l’origine et la signification de l’expression la quadrature du cercle. Je ne me lancerai donc pas dans une hasardeuse explication sachant que certains lecteurs de ce blog sont aussi de fieffés mathématiciens. En revanche je me la garde en guise de joker, une fois de plus. Car comment est-il possible d’écrire sur une télésérie que l’on aime sans en dévoiler trop, sans en gâcher l’envie de voir ? Une expérience passée m’avait un peu refroidie et laissé avec cette idée de ne plus rien raconter des histoires dont je me faisais l’écho. Après tout les liens que je glisse dans les textes peuvent aussi servir à ceux qui les utilisent à en apprendre davantage (et plus encore) pour peu qu’ils veuillent bien s’en donner la peine. Bon tout ça pour dire que je voulais vous dire quelques mots au sujet de Deadwood et que l’image de la quadrature du texte m’est alors spontanément venue à l’esprit. En effet, parler de Deadwood sans rien dire de ce qu’il s’y passe pour en préserver le suspense et l’intérêt est plutôt ardu. Notez que c’est devenu tellement rare, une télésérie dont on n’a pas envie de tout dire à l’avance...
Trois points cependant me paraissent digne d’importance pour peu que l’on s’intéresse un tant soi peut à ce type de création fictionnelle.
Primo, Deadwood est une production HBO.
Cela signifie peu d’épisodes (douze pour la saison 1), une volonté de recréer un univers dans les moindres détails en y mettant les moyens humains et financiers, un souci de coller à la réalité la plus crue, qu’il s’agisse de violence physique ou verbale, des techniciens et des comédiens hors pair et une envie forcenée, après un épisode, de voir la suite. Sans remonter le fil de toutes les téléséries HBO, disons que celle-ci est dans la droite ligne de Carnivàle.
Secundo, Deadwood a été créée par David Milch et Bill Clark, deux collaborateurs du grand Steve Bochco avec qui ils travaillèrent sur NYPD Blue. De là à dire que Deadwood est au western ce que NYPD Blue est à la série policière il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas ici. Mais, comme disait ma mère, les chats ne font pas des chiens.
Tertio, enfin et surtout, et comme à chaque fois que je découvre une grande télésérie, celle-ci repose sur un subtil équilibre entre une mise en images somptueuse (y compris boueuse et crasseuse), un script inouï (les situations et les dialogues sont shakespeariens en diable) et une distribution impeccable. Sans tous les citer, et pour ne parler que de mes préférés, je pense en premier lieu à la découverte d’un monstre qui crève l’écran par son charisme et son énergie : Ian McShane ! Son interprétation de Al Swearengen est exceptionnelle et range son personnage dans la catégories des ordures les plus abouties et les plus humainement détestables. J’aurais dû le reconnaître car il a joué dans un épisode de The West Wing, ainsi que dans “La Rivière des âmes”, un des téléfilms dérivés de Babylon V. Mais c’est Carole, grande mémoire du câble des années 90 qui m’a appris que c’était surtout l’interprète d’une série britannique appelée Lovejoy.
Ensuite, dans le désordre il y a des tronches comme celles de W. Earl Brown qui joue Dan Dority, l’homme de main de Swearengen, un vétéran des téléséries qui trouve ici son rôle le plus abouti ; mais aussi Brad Dourif, le doc Cochran, Keith Carradine en Wild Bill Hicock ou William Sanderson, le scrofuleux E. B. Farnum qui, dans une autre vie, fut J.F. Sebastian dans BLADE RUNNER...
La force de Deadwood , enfin, réside dans son montage. Chaque épisode correspond, plus ou moins à une journée, nous donnant ainsi à suivre, en temps réel, les personnages et leurs actions comme si nous étions des habitants du camp de Deadwood, des habitués de ses saloons, des âmes perdues comme les autres.

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Publié dans téléséries

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P
merci jeanphi.. aujourd'hui, ce fut plutôt calme. à croire que les années venant on fait moins de tappage autour de son anniversaire. merci encore et bizoux
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J
christian > huhuhuhuu... et moi qui te croyait professeur de lettres...
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C
Fieffé toi-même.
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