début de juin...
| Je ne sais qui va l’emporter de l’incertitude et de l’entropie tant l’issue de cet affrontement informel, clandestin, et d’arrière-garde semble douteuse. A l’heure où débute la saison des cyclones océaniques, à moins de trois semaines de l’été et du brevet des collèges, au sortir de mon ultime conseil de classe pour cette année scolaire, alors que la météo continue vouloir nous faire prendre des vessies (fichu ciel de traîne) pour des lanternes (ça ? des éclaircies ?), tandis que la conjonction de deux vagues de pollens transforme mes sinus en champ de bataille perdue d’avance, même le son des balles sur la terre battue ne parvient pas à me dérider. Vous allez me dire (ou pas, peu importe) que j’ai beau jeu de me plaindre alors que je suis quasiment en vacances. C’est le genre de préjugé déguisé en argument qui me donne l’impression d’avoir le double de mon âge, comme si ma vie entière j’avais du m’en défendre. Le fait est que les élèves nous désertent et que l’on ne va pas non plus se mettre à les fusiller pour l’exemple. Hier, par exemple, après avoir plus ou moins travaillé avec deux des trois élèves de la classe avec laquelle j’étais censé faire de l’histoire entre neuf et dix, j’ai ensuite passé l’heure suivante à avancer dans ma lecture de Pour l’honneur de la reine de David Weber du fait de l’absence d’élèves entre dix et onze. Ah ! non ! autant pour moi car un élève s’est présenté, tout aussi déconcerté d’être là que moi de le découvrir, mais je l’ai gracié et envoyé bouquiner une bd au CDI... L’heure d’après, deux élèves de la première classe, avec qui j’ai parlé de tout et surtout de rien. Un mercredi de fin de mois de mai. Et aujourd’hui ? J’ai ce matin acheté, en prévision de l’absence d’élèves entre 14 et 15 heures, le Charlie Hebdo ainsi que le Plan B. Ensuite, de trois à quatre, je devrais avoir la quasi intégralité de ma classe de troisième, ceux dont le sort a été scellé ce matin-même ; beaucoup, étrangement, considèrent que le brevet des collèges a de l’importance et qu’ils peuvent encore glaner auprès de moi des munitions pour leur carton plein... Et ensuite, j’attendrai que passe la récréation avant de constater, sans huissier parce que ce n’est pas de la téléréalité, l’absence d’élèves pour rentrer voir un peu de tennis à la téloche. Je vous épargne le programme de vendredi matin que je vais probablement consacrer à la résolution de quelques grilles de sudoku. |
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