de retour (3)...
| Il existe deux types d’activité que je mets en sommeil durant les vacances : l’écoute de la radio et la lecture de la presse. Je ne les abandonne qu’en chemin, à mon arrivée à destination, et ne les retrouve que sur le chemin du retour : dans ma voiture. Non, je ne lis pas en roulant, mais j’aime assez étaler un journal sur une de ces tables en bois d’arbre qui pullulent dans les artificiels espaces verts des aires d’autoroute pour le lire tout en buvant un café trop cher pour son fade contenu. Quant à la radio, elle m’accompagne au volant, au même titre que ma batterie de cd que j’emporte toujours. Ce qu’en revanche je contenue à faire, où que je sois, c’est regarder la télévision. Je plaide non coupable étant, pour paraphraser la thématique printanière de notre corrézien de président, une victime de mon addictologiesque dépendance au cube à images qui parlent. Bon, soyons clair, lorsque je suis en vacances, je suis beaucoup moins libre du choix des programmes, quand bien même ils sont légions. Mon neveu et ma nièces, grands consommateurs surveillés de près par leurs parents, ont donc tendance à me regarder avec suspicion dès lors que j’attrape la télécommande. Je l’admets car je ne joue pas à domicile. Mais cela peut aussi réserver des surprises comme celle de rire de concert avec mon neveu tout en regardant un épisode de Will E. Coyote. En fait, en une semaine, j’aurais peu mis à contribution l’installation de mes hôtes. Tout au plus ai-je trouvé le temps de voir en dvd l’ARSÈNE LUPIN (1)de J. Pierre Salomé qui s’est révélé, comme je le supposais jusque-là, une piètre adaptation tant de l’oeuvre de Maurice Leblanc (2) que de la télésérie de mon enfance. Si le film n’est pas en soi mal interprété, les personnages manquent tellement d’épaisseur que les comédiens en deviennent rapidement ridicules. Le final, grand-guignolesque paraphrasant la fin de L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE demeurera comme l’une des plus mauvaises séquences que j’ai jamais vue. |
![]() | Heureusement que j’ai pu me rattraper en découvrant, accidentellement, l’émission de Rebecca Manzoni, l’animatrice d’Eclectik, sur france 5 : Ça ne va pas durer. Elle y recevait Akhénaton, qu’elle avait déjà accueilli sur Inter, avec ce même naturel délicieux qu’elle a à la radio. Deux mots enfin au sujet des BRIGADES DU TIGRE: si le film de Cornuau est une agréable surprise et un amène divertissement c’est bien parce qu’il a su s’éloigner de la télésérie vieillotte et lui redonner une énergie et une efficacité que l’ORTF d’antan ne pouvait se permettre. Le film repose essentiellement sur ses comédiens qui, à l’inverse de chez Salomé, interprètent des personnages denses et habités, tous aussi différents qu'attachants. |
| Si Clovis Cornillac y est, comme à son habitude, parfait et instantanément crédible, j’ai crains un instant de voir Édouard Baer ne pas tenir la distance dans son rôle de dandy amoureux d’une prostituée et se baladant avec une canne-épée ; il s’en sort en fait bien plus qu’honorablement en prouvant que les comédiens comiques font les comédiens dramatiques les meilleurs (3). (1) Après une adaptation américaine par Jack Conway en 1932 avec le grand John Barrymore dans le rôle du gentleman cambrioleur, il faut ensuite attendre 1937 pour le voir dans un film français, ARSÈNE LUPIN DÉTECTIVE avec Jules Berry ; dans les années 50-60, c’est Robert Lamoureux qui l’incarne dans deux films, LES AVENTURES d’ARSÈNE LUPIN et SIGNÉ ARSÈNE LUPIN, puis Jean-Pierre Cassel en 1962 dans ARSÈNE LUPIN CONTRE ARSÈNE LUPIN. (2) Je vous conseille deux sites sur les romans (là et là), ainsi que la lecture d’un mémoire de DEA consacré au personnage. (3) comme le répète à l’envie Joss Whedon dans le commentaire audio de SERENITY qui vient de sortir en dvd et que j’ai revu hier soir avec un plaisir infini. |
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