de retour (2)...

Publié le par jeanphi

Qu’est-ce qui nous pousse à lire un livre ? Qu’est-ce qui nous donne envie de voir un film ? Qu'est-ce qui fait que l’on tombe amoureux ?
Autant de questions appelant une infinité de réponses vertigineuses. En ce qui concerne les films, j’aurais tendance à distinguer ceux que l’on va voir en salles de ceux que l’on peut voir chez soi. Les premiers requièrent du spectateur un investissement de temps et d’espace, ainsi que certaines connaissances intrinsèques relatives au dit film ; les seconds, en revanche, offrent au spectateur une relative liberté spatio-temporelle, sans pour autant le décharger du poids des mêmes contingentes connaissances. Je m’explique. Lors de mon séjour à Toulouse, j’ai été voir trois films au cinéma ce qui, pour une durée de huit jours et pour moi, est peu, d’autant que j’ai failli en voir un quatrième.
Sur les trois films, il y en a deux sur lesquels je reviendrai plus tard : THE INSIDE MAN de Spike Lee et LES BRIGADES DU TIGRES de Jérôme Cornuau.

Laissez-moi vous parler du troisième, mon préféré : EL AURA de Fabiàn Biélinsky (*)
Le choix de ce film a suivi un parcours légèrement tortueux mais guère plus que de coutume : j’ai tout d’abord reçu un carnet de tickets pour L’Utopia en guise de cadeau d’anniversaire ; ce qui m’a instantanément réjoui et enthousiasmé car j’adore aller dans ce cinéma et que ces tickets n’ont pas de durée de vie ! Dans la pochette il y avait le programme que je me suis empressé de compulser à la recherche de pépites ou de films ratés volontairement pour cause d’absence de version originale. Je suis alors tombé sur une double page comportant, à gauche, un article sur LES NEUF REINES [NUEVA REINAS] de Fabiàn Biélinsky et, sur celle de droite, pleine page, un autre sur EL AURA du même réalisateur. Mon coeur de cinéphile, celui qui est caché derrière l’autre, l’utilitaire pompe sanguine, s’est alors mis à bondir, à trépider. Il faut dire que, au-delà de ce que l’article révélait de mystérieux et de tentant dans l’intrigue de EL AURA, le fait qu’il s’agisse du réalisateur de NUEVE REINAS avait immédiatement fait mouche ; paradoxalement en fait. Car il se trouve que je n’avais pas vu le film qui, cependant, m’avait déjà été chaudement recommandé par un couple d’amis qui se reconnaîtront ici qui m’en avaient vanté les qualités indéniables. Je l’avais pour ainsi dire rangé dans cette catégorie des films à voir, à l’occasion, mais avec la certitude de les apprécier le moment venu.
Je suis donc allé voir EL AURA.
Autant le dire simplement : c’est un putain de grand film, et il me tarde déjà de l’avoir en dvd pour pouvoir en goûter à loisir tous les angles qui m’ont sûrement échappé lors de sa vision. Film écrit, comme NUEVE REINAS par Fabiàn Biélinsky lui-même, EL AURA est relativement inracontable, sauf à vouloir en rendre l’attrait discutable. Le héros est un taxidermiste qui, à ses moments perdus, échafaude des plans de braquage géniaux, des théories de mathématiciens qui ne jouent pas sur la nature humaine mais sur des combinaisons logiques. Alors qu’il accompagne un de ses collègues à une chasse au cerf, il se retrouve, par un enchaînement de circonstances, impliqué dans un braquage qui, l’on s’en doute, ne se déroulera jamais aussi parfaitement que les plans qu’il passe son temps à tisser dans son coin. Par dessus tout, il souffre aussi d’une affection aussi cinématographiquement rare que terriblement cinégénique : épileptique, il lui arrive fréquemment, sans raison apparente, de perdre connaissance. Et, à chaque fois, cette crise est annoncée par un trouble qui le paralyse et le plonge dans une sorte de transe : el aura. Maintenant, pour paraphraser Pimpeleu, j’dis ça, j’dis rien, car le film est génial pour tellement de raisons que je ne sais par où commencer. Alors je vais plutôt finir ainsi sur une simple note : le héros est joué par Ricardo Darin, un comédien hors norme, au regard clair et dérangeant à la fois, qui joue aussi bien de son corps que de sa voix.
Je suis ressorti de L’Utopia avec la conviction qu’il ne me restait plus qu’à voir NUEVE REINAS pour vérifier l’épiphanie que je venais de vivre. Je suis donc rentré dans la Fnac et, après avoir attrapé, quasi nonchalamment, le dvd de P.T.U. de Johnnie To dont je vous parlerai dès que je l’aurais vu, j’ai avisé celui de NUEVE REINAS qui, quelle chance, était vendu à un prix plus que raisonnable.
Et j’en reviens à ma taxinomie liminaire : si j’avais dû me déplacer dans une salle afin de pouvoir apprécier, en version originale, engoncé dans un fauteuil profond, sans avoir à subir publicités et pop corn, EL AURA, je m’offrais, par cet achat, la liberté de voir NUEVE REINAS dans des conditions tout aussi confortables mais délivrées des contraintes spatiale (Toulouse, L’Utopia...) et temporelles (les vacances, les horaires du film...). Voilà pourquoi j’aime tant les dvds : ils me donnent, de temps à autre, l’illusion de voir des films dans les conditions de confort que toutes les salles de cinéma devraient offrir.
Et NUEVE REINAS me direz-vous ?
Je viens de le voir et je suis encore en train de sourire de contentement, tellement j’ai apprécié la classe de son scénario qui n’a rien à envier à ceux d’un David Mamet, la qualité du jeu des comédiens (dont Ricardo Darin !), sans oublier celle de la photographie, des cadres, du montage, de... enfin, bref, il n’y a rien à jeter dans ce film dont, en revanche, il ne faut rien raconter à l’avance, sauf peut-être qu’il y est question d’arnaque. Mais, j’dis ça, j’dis rien... Ah ! si, une dernière chose : il est question, tout au long du film, d'une chanson de Rita Pavone, alors je vous l'ai dénichée : Il Ballo Del Mattone


(*)  il passe encore à L'Utopia jusqu’au 9 mai à Toulouse, ainsi qu’à Tournefeuille

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Publié dans amènes pellicules...

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C
avait...(humhum)<br />
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C
Tu vois, on t'avais dit.....:)
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