kindred...

Publié le par jeanphi

Un petit pour la route avant de mettre au travail.
J’ai enfin terminé Artefacts de Nancy Kress (chez Pocket, je le rappelle). Je l’ai fait durer, parce que la suite n’est pas encore à l’horizon, mais aussi pour me laisser porter par la musique de Kress. C’est agréable de lire encore aujourd’hui un auteur qui sait, sans le souligner, payer son dû à ceux qui l’ont précédé, tout en exprimant une authentique sensibilité littéraire.
C’est triste de se dire que Kress est comme condamnée, maudite comme les siens, à rester cantonnée dans cette frange de la culture livresque, cette sous-culture qu’on appelle la science-fiction. (enfin, il y a pire : avant elle écrivait aussi de la fantasy !).
Je ne sais pas combien de temps il faudra aux censeurs, critiques et autres faiseurs d’opinion et de culture pour sortir tous les grands auteurs de science-fiction de ce ghetto inepte dont les dimensions ne font que s’accroître à mesure que ce patrimoine est pillé avec plus ou moins de bonheur par le cinéma.
Que savent donc les spectateurs d’I, ROBOT au sujet d’Isaac Asimov ? Liront-ils ses romans et ses nouvelles ? Se régaleront-ils de son autobiographie – Moi, Asimov pour le comprendre ?
J’en doute (et je me fais vieux, il n’y a aucun doute là-dessus), surtout en voyant le sort qui est réservé à Philip K. Dick... Relisez sa biographie – Je suis vivant et vous êtes morts – écrite par Emmanuel Carrère (en poche, Points Seuil) et vous mesurerez la distance entre l’auteur, son génie et sa folie, et ce qu’Hollywood en a fait (de BLADE RUNNER à PAYCHECK) ou va en faire (A SCANNER DARKLY).
Enfin, je ne suis pas non plus pressé de voir les œuvres des grands auteurs de sf massacrés en début de soirée par des adaptations bâtardes sur des chaînes populaires (-listes?), comme Les Trois mousquetaires de Dumas viennent d’en être récemment victimes.
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