cinémania...
| Arte, hier soir. Je suis tombé sur un drôle de film dont vous ne devez pas rater la rediffusion (le 4 avril à 1h30 du matin). Il s’agit de CINEMANIA de Angela Christlieb et Stephen Kijak. Ne me demandez pas qui ils sont, ni ce qu’ils ont fait avant ou après cet ovni filmique. Ils sont allemands, ce qui explique la diffusion (mais en vo, un bonheur) sur Arte, car je vois mal une autre chaîne hertzienne s’en charger. De quoi parle ce film de non-fiction dans lequel chaque personnage est vrai mais se rêve, se projette, dans un univers dont il délimite sans cesse les repères fictionnels ? CINEMANIA raconte le parcours de quatre movie buffs, ce qu’ici on appellerait maladroitement des cinéphiles. Ce sont des obsessionnels compulsifs de la chose cinématographique, qui ont axé leur vie autour des films, de leurs projections, de la collections d’items en rapport avec eux. L’un d’eux explique bien que la différence avec les autres spectateurs est que le movie buff (cinéphage) doit accepter de faire des sacrifices, de souffrir. Voilà pourquoi l’un admet ne pas avoir eu de relations sexuelles depuis des années, l’autre vit dans un studio minable. Tous (sauf un qui vit sur un héritage) sont soit au chômage soit touchent une pension d’invalidité. Tous regrettent que ce qui les afflige ne soit pas considéré comme un handicap. Tous passent leur temps à courir d’un lieu de cinéma à un autre, certains voyant tout (documentaires, films gays et lesbiens etc.), alors que d’autres se spécialisent (cet olibrius fan de cinéma français et qui voudrait épouser une femme de l’Union européenne...). Ils ont leurs rites, leurs humeurs, leurs tronches. Ils sont des figures visibles, des légendes pour certains dans le milieu du cinéma de... oui, j’avais oublié l’essentiel : ça se passe bien évidemment à New-York, seule ville où ce genre d’excentricités et cette variété de choix (hormis Paris, comme le souligne notre francophile) est possible. A la fin, on les voit dans une petite salle (qui m’a rappelé le Rex, ce défunt cinéma toulousain), se voir à l’écran dans une projection organisée pour eux quatre. Leur verdict : c’est une bonne comédie. A vous de voir si vous avez un magnétoscope. |
| Aujourd'hui, commence à Paris le procès de huit islamistes radicaux dont quatre sont soupçonnés d’avoir participé à l’assassinat d’Ahmed Shah Massoud. Cette tragédie prépara le 11 septembre, mais on ne parle plus guère de Massoud depuis. Cela me fait penser au très beau film de Christophe de Ponfilly, MASSOUD L'AFGHAN qui montre bien, dans une partialité assumée par son auteur qui le connaissait depuis des années, la grandeur de cet homme : “Afghanistan. Pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout. Ou presque... Dans le tumulte d’images et de sons du monde moderne, tenir une caméra a-t-il encore un sens ? Lorsque j’ai commencé ce film, il y a 16 ans, je ne me posais pas la question. J’allais rencontrer des hommes remarquables dont le commandant Massoud. Pas des héros |
| de pacotille, ni des produits de marketing comme on nous en fabrique tant aujourd’hui. J’ai rassemblé les traces de cette singulière aventure pour survivre à tout ce bluff qui nous entoure... et pour quelque chose de plus précieux que je vais vous confier. ” Ce sont les premières paroles de ce film commencé en 1981, dans la clandestinité de la guerre d’Afghanistan. J’y raconte l’histoire de deux solitudes et de deux combats : celle d’un chef de guerre, héros charismatique de la résistance afghane lorsqu’elle tenait tête à l’armée soviétique et la mienne, celle de celui qui filme et s’interroge. Témoigner oui, mais dans quel désert ? En 90 minutes, l’histoire se raconte égrenant les étapes du destin d’un “héros” et d’un cinéaste dont le regard parvient sans doute à plus de maturité. Aventure tragique. Reste qu’un film, pour moi, sera toujours un fil, fragile certes, mais qui nous lie les uns, les autres. Et si des 30 films que j’ai déjà réalisés celui-ci interpelle, j’aurai l’impression que ce que nous faisons, à filmer les hommes, a encore quelque utilité...” JJ'évoquais hier la sortie d’un rapport sur les mensonges gouvernementaux à propos des effets de la catastrophe de Tchernobyl ; Libé revient sur la question. Dans l’Yonne Républicaine, un article sur la gratuité annoncée pour la rentrée prochaine des manuels des élèves bourguignons de premières et de BEP (seconde et terminale). Sur son blog, Jérôme revient longuement (et clairement) sur l’affaire Terry Schiavo ; Daniel Schneiderman s’émeut du refus de Pascal Lamy de venir débattre du referendum prochain sur le plateau de son émission ; et Acrimed revient sur l’attitude pour le moins subjective de France Inter à propos de la couverture de la campagne pour ledit référendum (j’ai vérifié, on peut l’écrire avec ou sans accents). J’ai aussi trouvé un site sur la TNT dans lequel j’ai découvert que l’Yonne devrait encore attendre 2006-2007 avant d’être parmi les Bienheureux... Le temps est d’une morosité impavide, alors il va bien falloir que je me remette à travailler (petit message personnel : je n’ai guère mieux dormi cette nuit que les autres nuits, mais j’ai beaucoup rêvé...) |
Publicité