coucou suisse...

Publié le par jeanphi

Le dimanche est un jour qui détraque la semaine.



J’ai depuis longtemps perdu le fil qui me reliait à cette réplique de film français qui, si j’essaie vraiment de la circonvenir, pourrait provenir de BEAU TEMPS MAIS ORAGEUX EN FIN DE JOURNÉE. Mais en même temps, c’est dimanche, et je n’ai pas envie de me lancer dans une recherche imdbesque pour en vérifier les tenants et les aboutissants. C’est une de mes répliques favorites, une de celles qui me reviennent facilement et que je peux recaser de temps à autre. Quoi que moins souvent depuis que, je m’en rends compte à présent, je n’use et abuse plus trop de citations en tous genres. Pêché véniel d’une jeunesse épistolaire passée à noircir des pages, des feuillets et des verso de cartes postales, pour m’y répandre et partager bons mots et états d’âme. Est-ce une conséquence de l’arrivée de mon eMac et la montée graduelle de mon inaptitude à écrire, désormais, une vraie lettre quand d’email en msn, en passant par ce blog ? Peu importe en fait. Je n’ai jamais été, du moins je l’espère, un cuistre (*) à la Fabrice Luchini se répandant en citations logorrhéiques.
En revanche, je confesse volontiers avoir toujours été affligé d’un penchant prononcé pour les phrases à la syntaxe alambiquée et les digressions emboîtées. Je le précise parce que je voulais en fait vous parler d’autre chose.
Hier soir, entre deux coupures de publicité égayées par des morceaux d’épisodes de téléséries de qualité, j’ai eu une soudaine et curieuse épiphanie sociétale que je ne saurais garder par de vers moi !
S’il y aurait beaucoup à dire sur la publicité en particulier, sur la qualité des messages et l’image singulièrement abêtissantes de nous mêmes qu’elle nous renvoie, il y a, depuis quelques temps, un certain type de spot qui ne cesse de me tarauder, un peu comme ces chenilles de papillon argentin qui bouffent les palmiers sur la Côte d’Azur. Je veux ici parler de ces produits que l’on ne va trouver qu’en librairie, qu’il faut soit collectionner (les répliques de voitures, de bicyclettes, de soldats, de etc.), soit monter, dont le premier exemplaire est toujours abordable, et l’éditeur souvent un certain delprado. Qui achète vraiment ces merdes ? La fréquence avec laquelle on nous en propose de nouveau est-elle le signe de leur succès ou, a contrario, d’une forme d’opiniâtreté qui leur fait essayer de nouveaux produits quand ceux d’avant ont échoué ? Enfin, soyons sérieux deux secondes, voulez-vous, qui, dites-moi, qui a réellement envie de passer je ne sais combien de semaines à aller chercher chez son libraire (lequel craque car il ne sait plus à quel saint se vouer entre les dvds, les objets à monter, ceux à collectionner) les pièces nécessaires pour lui permettre de monter sa propre horloge suisse à coucou ? Je l’ai vue plusieurs fois celle-là et croyez moi si je vous le dis, je suis plus prêt de croire De Villepin quand il dit qu’il veut dialoguer que de croire en ce couple qui a l’air aussi heureux face à l’horloge montée et fixée au mur de leur salon ! Il y a, en particulier, une image qui, lancinante, inepte, me squatte depuis les synapses. L’homme (jamais on ne voit de femme monter ce genre d’engin, jamais) est en train d’encoller des morceaux d’un matériau censé imiter de la marqueterie et de les apposer sur un support avec l’application d’un mordu de modélisme ou d’un ingénieur en nanotechnologie. Il doit être dans son salon. J’ignore où est sa femme. Peut-être qu’il ne l’a pas encore rencontrée. Allez savoir. Le fait est qu’il n’a rien de mieux à faire que de poser, une à une, ces lamelles de fausse marqueterie sur ce foutu support. Écoute-t-il “Mechanical Animals” de Marilyn Manson comme moi au moment où je vous parle pour se donner de l’ardeur ou le dernier album d’André Rieux ? Et ensuite, où laisse-t-il les pièces de sa future horloge attendant l’ultime moment de l’assemblage ? Dans un coin de la table du salon qu’il n’utilise jamais car il mange en regardant la télé dans son canapé ? Ou alors a-t-il des enfants (on n’en voit pas dans le spot mais imaginons) auxquels il a formellement interdit de toucher aux pièces patiemment montées, semaine après semaine. Pensons à eux, au plus âgé, celui qui depuis toujours rêve de faire des maquettes avec son père comme son meilleur ami le fait, lui. Il observe son père, le soir, tandis qu’il fait ses devoirs à l’autre bout de la table du salon, en mordillant son crayon Titeuf, pestant contre l’accord du participe passé des verbes pronominaux. Il aimerait tant que son père l’invite à laisser tomber ses devoirs pour l’aider à monter l’escarpolette ou à peindre la porte par laquelle sortira, un jour, en 2007, le coucou. Mais non, son père ne le regarde pas, sauf lorsqu’il se lève et que, satisfait de l’oeuvre accomplie, il l’interpelle pour lui rappeler l’interdiction suprême. J’aimerais croire qu’un jour, avant la fin, cet enfant ira foutre l’engin au vide-ordures.

(*) je me souviens encore que, jusqu’à ce qu’un de mes camarades de préparation aux concours, à Toulouse, s’exclame, debout dans notre rangée au milieu de l’amphi, à l’intention d’un de nos profs à l’arrogance imbécile qui venait de se laisser aller à une remarque absconse, “Vous n’êtes qu’un cuistre!”, je n’avais rencontré ce terme que dans la bouche d’Achille Talon.

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Publié dans c'est pas faux...

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J
mister blonde > non mais ça va pas bien ta tête ! ? jamais je n'achèterai un truc pareil ! !<br /> dine > bienvenue ici...<br /> franchineu > ça ne laisse guère de marge de manoeuvre comme proposition, non ?
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F
c'est pas faux ! on devrait travailler les jours qui commencent par Di et se reposer les jours qui finissent par Di ! t'en dit quoi hein ?
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D
c'est drôle je me suis fait la même réflexion y'a pas longtemps ... (je ne connais personne qui achete plus que le premier numéro...donc à mon avis ils nous montrent en télé une collection même pas reproduite en chine ...dans la chaine y'a le numéro un et le deux - on ne sait jamais-...apres si dieu le veut :-) ) <br /> donc c'est marylin manson aujourd'hui! :-)<br />  
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M
je t'imagine en train (et plein d'entrain) de monter cette foutue saloperie, écoutant Manson... et je vais de ce pas me prendre un autre café
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