c'est pas pour dire mais...
| C’est pas pour dire, mais qu'y a-t-il de plus ennuyeux qu’un conseil de classe (hormis deux conseils de classe, tu crois que je ne t’ai pas vu venir ami blogueur) ? Pour ma part, je ne vois pas. A ce jour, mis à part ceux où je peux plaisanter ouvertement sur les élèves ou les collègues présents (au risque de froisser des sensibilités bien trop mal placées), je n’en ai pas vécu qui ne soient pas, de près comme de loin, mortellement ennuyeux. J’ose à peine imaginer combien les délégués de classe (et encore, parfois il n’y en a qu’un parce que l’autre a décliné la crucifixion/lapidation/humiliation) doivent endurer pendant ce temps... Et les parents... non parce que j’ai entendu dire qu’il existait des lieux (qui n’apparaissent pas sur les cartes) où des parents (et, dit-on, parfois ils n’ont même pas d’enfant à eux dans la classe !) viennent assister à ces mascarades. Pour ma part, je crois bien n’avoir vu qu’un seul parent lors d’un conseil ; c’était en décembre 1997, au lycée professionnel où j'effectuais mon stage de seconde année de l'IUFM clermontois. Mais bon, je ne garantis pas l’authenticité de cette anecdote dont j’ai été le témoin, c’est vous dire... Ah ! les CONSEILS DE CLASSE... quelle fumisterie quand on y pense... Comment ? Un professeur qui daube sur cette instance solennelle qui permet à l’équipe pédagogique réunie (jamais au complet par ailleurs, jamais) de rendre sa justice en toute partialité ! Bouh, le vilain ! Qu’on lui coupe la tête et qu’on la jette aux pitt-bulls de La Madeleine ! A quoi servent encore ces rendez-vous sacrificiels à l’époque de logiciels (conçus en dépit du bon sens) tels que Nota Bene, d’orientations gérées par un système inhumainement stupide à souhait (ce putain de PAM !), de redoublements à géométrie variable (ce qui compte, ce n’est pas le vœu de l’élève mais les calculs de banquier frauduleux que fait le Rectorat) ? Qu’y dit-on de vive voix que l’on ne se dise pas le reste du trimestre en salle des profs, dans les bureaux de proviseur-adjoint et ceux de cpe ? Qu’y lit-on entre les lignes que l’on ne sache déjà ? Qu’y décide-t-on qui n’a pas été au préalable décidé par le responsable (le Président) du conseil et le prof principal ? Oh, certes, il paraît que nous sommes aussi payés pour participer à ces saynètes absconses. Mais que sont les Indices de Suivi des Élèves sinon une prime compensant à peine la faiblesse (pour ne pas dire l’absence) de la revalorisation de nos salaires ? Parce que, en ce qui me concerne, j’aurais mieux à faire que de m’emmerder (y compris avec toi Carole) (mais je pense que c’est la même chose pour toi) dans une salle de cours (après les cours) alors que je pourrais être chez moi à faire autre chose (comme de travailler pour mes élèves) (ou pas d’ailleurs). Et il y a les votes pour les encouragements, les félicitations, ou les sanctions (avertissements, blâmes)... oh putain, ça c’est le mieux ! Il y en a toujours un ou une pour geindre que “non, il n’en est pas question, pas avec ce genre de moyenne/attitude” ou pour minauder que “non, je ne m’y oppose pas même si je n’en pense pas moins”. Est-ce à dire que je m’abstiens de voter ? Essayez voir un jour, et vous me direz si ça a été constructif ! Ne pas voter c’est s’attirer des questions idiotes appelant des justifications perdues d’avance. de fait, exprimer une pensée qui ne soit pas déjà formatée et convenue est voué à l’échec ou, tout du moins, à tomber à plat. Du coup, je m’aperçois avec un effroi glaçant, qu’il m’arrive aussi de prononcer des phrases toutes faites et vides de sens ; j’ai alors la terrifiante sensation d’être redevenu un enfant ânonnant ces phrases rituelles parlant d’un autre père que le mien. Et j’ai gardé le meilleur pour la fin : je suis aussi professeur principal d’une classe de bras cassés incapables de s’amender ou de se fondre dans la masse des murs de leur atelier. Je ne les comprends pas d’ailleurs. Lorsque je me suis retrouvé dans une situation analogue à la leur (et à beaucoup de nos élèves), j’ai vite compris qu’il fallait me rendre invisible, indétectable, insignifiant. Ça a duré onze mois, entre août 1990 et juin 1991, le temps de mon service national dans l’armée de l’air. Où en étais-je ? Ah oui, je suis prof principal, ce qui veut dire que, même si je n’y crois pas (un peu comme le gars qui ne croit pas aux pourboires dans RESERVOIR DOGS), je dois me coltiner les conseils de ladite classe en première ligne, au contact de l’autorité, en produisant du verbiage pathétique au kilomètre. Oh, bien sûr, dans ces moment-là, je fais tout mon possible pour mettre de la distance entre le conseil et moi, en ironisant un peu pour aller de plus en plus vers le sarcasme selon la tournure des événements. mais cela ne suffit jamais à tempérer cette impression de vacuité s’autocélébrant dans la satisfaction imbécile de remplir un sacrement laïc vidé depuis longtemps d toute signification réelle. Bah ! celui de ce soir aura été quick and painless, et ce sera sûrement le cas aussi demain soir. A chaque jour suffit son lot de situations absurdes... ps : je lance une enquête. Avez-vous déjà entendu parler d’animaux (un chevreuil par exemple) ayant jeté leur dévolu sur une automobile (une twingo, toujours par exemple) et venant, soir après soir, s’y frotter dessus (en laissant des traces mystérieuses) en un rituel que même Boris Cyrulnik serait bien en peine d’expliquer ? Si vous avez la moindre idée, faites le moi savoir ! |
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