scarab minor...

Publié le par jeanphi

Quand je pense qu’il y a des gens qui font des bouquins sur les ados alors qu’il suffit, comme je l’ai fait ce matin, de marcher à côté d’eux (bon, d’accord, ce n’était pas une rando mais plutôt une “marche forcée”) et de les écouter pour en apprendre bien plus que dans des livres sérieux !
Ils n’aiment pas la 1ere compagnie de tf1, zappent au moment où le Bachelor distribue ses roses (à moitié fanées d’après une experte), regrettent déjà Ma famille d’abord (le sitcom afro-américain de m6 à 20h), sont des fumeurs juvéniles, n’aiment pas la marche à pied, mettent (toujours) des kits pour transformer leur deux-roues, sont accros à leur... portable/lecteur mp3/chewing-gum...
Mais ils sont aussi capables, c’est heureux, de rire de bon cœur devant les pitreries burlesques de Chaplin dans LES TEMPS MODERNES.
A ce sujet, le film n’a non seulement pas vieilli (enfin, pas tant que ça) et demeure un véritable objet de transition, entre le muet (Charlot, les intertitres,toutes les scènes de mime ou de clown) et le parlant (avec comme climax, la chanson finale). Ce qui est étonnant c’est que, près de soixante après sa sortie en 1936, le film demeure toujours d’actualité (l’aliénation du travail, la répression sociale, l’intermittence des saltimbanques) ; mais aussi que les ados, grâce à un olibrius qui a repris récemment l’air de la chanson du film pour en faire un tube, connaissent tous l’air du film.
La citation qui suit est tirée (je préfère le préciser) du Figaro, du 12 février 1936 :
"Les temps modernes est bien plus qu’une satire de la machine : C’est une vision plus subtile de ce monde moderne où l’homme, jouet de la machine dont il ne connaît qu’un rouage, de lois mystérieuses, de mouvements politiques dont il ignore la portée, sent le réel lui échapper et poursuit comme une chimère un rêve qui devrait être à sa portée. Ce sévère réquisitoire est exprimé par le chemin de l’art le plus accessible aux foules. Une comédie dont nous avions perdu la qualité qui s’appelle la pantomime, art véritable qui se passe de faux artifices et n’appartient qu’aux grands artistes."
Sinon, j’ai retrouvé en la voyant à l'écran, le même émoi primal devant beauté gracile de Paulette Goddard. Cette actrice avait cette fraîcheur désarmante et trouble qu’elle ne partageait qu’avec Simone Simon ( dans CAT PEOPLE de Tourneur !) et Vera Clouzot (dans LE SALAIRE DE LA PEUR de Clouzot !).
Je parlerai peut-être un jour de ces comédiennes, comme Greta Garbo ou Debra Padgett sorties de ces films (je pense à LA REINE CHRISTINE et LE TOMBEAU HINDOU pour l’autre) que je ne voyais que tard le soir et qui ne m‘ont jamais depuis quitté.

ps1 : aujourd'hui sort le sublime (je m'en fous d'exagérer) HELLBOY de Guillermo Del Toro d'après l'oeuvre ep... (non je ne dirai pas ce putain de mot qui se finit en -yme) de Mike Mignolia. J'en reparlerai vite.

ps2 (ah aha) : j'ai enfin compris pourquoi la scène où Ben Stiller/Starsky prend de la coke sans le savoir dans STARSKY & HUTCH me faisait tant rire : c'est un hommage (plagiat ?) de la scène où Charlot sale son assiette avec ce qu'il croit être du sel mais est en fait la "nose powder" (comme l'indique l'intertitre pudique) qu'un détenu malveillant a mis dans la salière !
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Publié dans amènes pellicules...

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