gorilles dans la brume...

Publié le par jeanphi

Il y a des relais qui se passent à l’insu de notre plein gré.
Ainsi en va-t-il des slogans que scandaient les élèves de mon lycée ce matin, alors qu’ils occupaient et bloquaient l’unique pont de Joigny. Certes, les adultes – nous, les profs, mais aussi des parents, des retraités et, au loin, les gendarmes – étaient là aussi mais en retrait. Mais nous ne nous sommes pas époumonés pour faire savoir qu’il n’y avait aucune hésitation à refuser les suppressions de postes et de classes, ni n’avons sautillé sur place en écoutant du Noir Désir (et si on libérait Bertrand Cantat ?) en transformant la manif en semblant de rave diurne et provinciale. L’irréalité d’une telle manif, un vendredi matin, dans la brume et l’humidité d’un pas-encore-printemps, avec si peu de gens bloquant la circulation d’une commune ronronnante de l’Yonne ne s’effacera pas vite des mémoires des élèves comme des nôtres. Sans eux, notre rassemblement aux accents désespérés (comme la délégation de collègues rencontrant un responsable rectoral pour plaider nos revendications) aurait été réduit à une portion congrue. Et pourtant, près de 90% de grévistes dans un établissement où la moyenne est habituellement de 30%, et une ribambelle de lycéens encarnavalés, venus alors que rien ne les y forçait, par solidarité, par désir aussi, je le crois, d’être là, d’y aller, comme les autres avant eux.
Il y a vingt ans de cela, je manifestais contre la réforme Devaquet en tant qu’étudiant, au contact, dans les rues de Toulouse, de lycéens et de collégiens (quand on y pense, c’était une autre époque !), en gueulant, moi aussi, que sa réforme s’il savait où on se la mettait...
Rien ne change sauf presque tout, hormis les slogans qui n’admettent que des nouveaux noms à vilipender.
Je ne sais pas ce qu’aura donné la rencontre à Dijon, ni si cela débouchera sur le maintien (pour un an ? deux ans ?) des classes menacées et/ou la création des classes demandées. Je ne crois pas que la bienveillance démagogique du député-maire UMP qui a reçu une délégation d’adultes, puis une de lycéens, pèsera d’un quelconque poids dans la balance décisionnelle. Ç’aura été un bon moment, assez festif et émouvant, essentiellement grâce à la fraîcheur candide et à l’énergie spontanée de ces jeunes lycéens.
On ne vit qu’une fois, et l’on n’a pas toujours l’occasion d’être un gorille dans la brume...
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Publié dans ma vie - mon oeuvre...

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W
Devaquet, si tu savais,<br /> Ta réfooormeuuuuu, ta réfooormeuuuuu<br /> ...
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C
pour out un tas de raisons tu devrais l'afficher au lycée....
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