histoires de dragon...

Publié le par jeanphi

Attention, un dragon peut en cacher un autre ! C'est la réflexion que je me suis faite après avoir vu, successivement, DRAGON TIGER GATE [Lung Fu Mun] de Wilson Yip et DRAGON SQUAD [Maang Lung] de Daniel Lee en dvd.

J'ai craqué pour le premier pour deux raisons qui valaient ce qu'elles valaient a priori : Wilson Yip est le réalisateur de SPL [Sha Po Lang], l'un des tous derniers bons films d'action hong-kongais à mes yeux dans lequel l'affrontement Donnie Yen/Sammo Hung se révèle être, a posteriori, l'un des meilleurs combats d'arts martiaux de ces dix dernières années.
On y retrouve aussi, outre Donnie Yen, grand artiste martial signant ici aussi les chorégraphies des combats, le jeune Nicolas Tse que j'avais découvert dans TIME AND TIDE deTsui hark. Tse est l'un de ces exemples de chanteurs populaires qui font carrière au cinéma comme Wu Bai, le taïwanais, mais surtout Andy Lau, et plus récemment, Shawn Yue. Ce dernier se retrouve aussi au casting de DRAGON TIGER GATE, affublé d'une coupe de cheveux d'un blond explosif !
Le film est un pur produit de producteurs : miser gros pour remporter gros, et tant pis pour le scénario.
Pâle ressucée de FIST OF LEGEND pour le côté défense de l'école d'arts martiaux (celle du Dragon et du Tigre du titre) et, apparemment (je reconnais mes limites en l'occurence), très lointaine adaptation du manhua (manga version hong-kongaise) d'origine de Yuk-long Wong qui est un succès de librairie depuis déjà trente-cinq ans.
Il ne reste de tout cela que des personnages à peine caractérisés, réduits à leur apparence (vêtements stylés tendance adolescent et coupes de cheveux ad hoc) et à combattre de manière impossible (trop de câbles tue les câbles !). Au final, un résultat décevant, boursouflé, comme un mauvais jeu vidéo.
Du coup, après ça, je me suis demandé si je n'allais pas faire une pause dans cette catégorie ou bien, tout au contraire, en rajouter une louche en allant voir ce que vaut le fameux CITY OF VIOLENCE dont le buzz dit qu'il est un bon film de baston, et qui est aussi sorti en dvd. J'étais parti avec cette idée lorsque je suis tombé sur la jaquette de DRAGON SQUAD et ma décision a été immédiate.
Comprenez aussi qu'un film d'action made in Hong Kong réalisé par Daniel Lee, celui du BLACK MASK, mettant en scène Sammo Hung, Simon Yam (tous deux étant dans SPL), mais aussi la séduisante Maggie Q., le revenant Michael Bienh, sans oublier la fine fleur asiatique dont le jeune Shawn Yue, le tout produit par Steven Seagal, ça a de quoi intriguer.
Le film, une réussite dans la lignée, quoique moins ambitieuse du TIME AND TIDE de Hark, met en scène deux groupes armés, des mercenaires menés par Biehn et des agents d'Interpol menés par Hung, s'affrontant autour des figures de deux frères dirigeant le crime organisé à Hong Kong. Aussi disparate que son casting intégrant des comédiens étatsuniens, cantonnais, coréens, chinois du continent et de Hong Kong, il tient finalement la distance en raison même de son scénario pourtant bien mince.
Chacun de ces personnages est un spécialiste dans son domaine, efficace et sans guère d'états d'âme. Du coup, chacun fonctionne au sein du groupe en une dynamique crédible qui donne aux scènes d'action particulièrement soignées un rendu que l'on n'avait pas vu depuis bien longtemps.
Le film est à sa manière une illustration de la tendance actuelle du cinéma d'action qui, après les tentatives plus ou moins heureuses d'importation des talents hong-kongais aux Etats-Unis (réussite de John Woo, échec de Tsui Hark), a vu la part belle donnée à l'injection de capitaux dans l'ancienne colonie, et le continent. Ainsi, de Ang Lee réalisant un film asiatique pour les Occidentaux (TIGRE ET DRAGON), en passant par Tarantino filmant une partie de son KILL BILL en Chine, on assiste à une synergie nouvelle de part et d'autre du Pacifique.
DRAGON SQUAD
représente donc une transition : l'Ouest débarquant ouvertement à Hong-Kong (Seagal produisant un film dans lequel des mercenaires sont menés par un Colombien) où la résistance (Sammo Hung encore en forme, tout comme Simon Yam) a déjà trouvé sa relève (Shawn Yue,  Vaness Wu et Xia Yu).

ps : j'ai vu hier soir THE CITY OF VIOLENCE ; c'est un film épatant dont je vous reparlerai sous peu !
 
Publicité

Publié dans mets d'Asie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article