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Publié le par jeanphi

La semaine dernière j’ai eu la surprise de me faire tirer d’une sieste par des sapeurs-pompiers de Joigny venus vendre leur calendrier. Je leur ai donné dix euros avec le sourire.
Oui, je sais, moi aussi j’ai pensé qu’ils s’y prenaient vachement tôt cette année mais, comme l’a suggéré une amie qui se reconnaîtra, ils se sont peut-être dépêché de le faire avant de se retrouver, à leur tour, sur la brêche...
Je ne sais pas s’ils vont faire partie des renforts promis à l’Île de France mais toujours est-il que ceux de Joigny sont les seuls du département à ne pas avoir été sollicités par la contagion mécanico-médiatique des incendies en tout genre.
Ainsi, les principales villes de l’Yonne (mais pas Joigny donc) ont-elles été touchées par des événements similaires, du moins en apparence. Il va falloir suivre de près.

J’ai beaucoup de sympathie et d’empathie au sens large pour les soldats du feu depuis que j’ai moi-même, entre août 1991 et juin 1992, été pompier dans l’Armée de l’Air. En effet, après des classes moroses sur la BA 118 de Mont-de-Marsan, je me suis retrouvé, grâce à l’entregent maternel, muté sur la BA
101 Toulouse. Je n’ai aucune gêne à reconnaître que si ma mère n’avait pas tiré deux ou trois ficelles, mon année de service militaire aurait été beaucoup plus pénible. Là, en raison du roulement des équipes dans mon unité, je me suis retrouvé, au cours des neuf mois qui ont suivi les classes, à passer la moitié du temps sur base et le reste en permission. cela m’a permis de continuer à avoir un semblant de vie sociale (facilité par la coupe de cheveux moins stricte) et à poursuivre mes études par correspondance.
Je me souviens encore de la surprise du proprio d’un café où j’allais boire l’apéro avec des amis quand on lui a appris qu’en fait je faisais mon armée.
Bon, arrivé à Francazal, ça n’était pas gagné car, en dépit d’un score honorable aux test de fin de classes me destinant à un emploi de bureau, faute de personnel, ils m’avaient d’abord assigné aux Fusiliers Commandos (Fusco) de la base. L’idée que j’aurais pu passer deux mois à jouer au soldat de base et à passer des heures à garder des portails et à dormir dans un bâtiment où toutes les fenêtres étaient grillagées ma fait encore trembler des années après. Mon bref passage par leur bâtiment m’a donné des sueurs froides.
Ayant incidemment appris qu’un poste se libérait chez les pompiers de la base, je me suis empressé d’aller proposer ma candidature, laquelle, question de priorité, a été acceptée. et voilà comment, après une formation de quelques semaines, je me suis retrouvé à faire partie de la Section Sécurité Incendie et Secours de la BA 101.
Si j’ai reçu tout le matériel, y compris un casque et des bottes, dans lequel je me suis entraîné à éteindre des feux (ah, du kérosène dans une piscine...), à grimper à l’échelle avec une bouteille dans le dos et un tuyau dans les bras, à déployer une lance d’un FPT, à etc., je me suis néanmoins retrouvé à passer neuf mois dans un bureau fait de deux pièces, dont une dans laquelle je passais le plus clair de mon temps, y compris de sommeil.
J’ai été téléphoniste, ou stationnaire, c’est-à-dire que j’ai répondu au téléphone, surveillé les alarmes, donné quelques-unes, fait des annonces au micro, réveillé mes camarades et, surtout, passé de longues heures à attendre. et à attendre. et encore attendre. en fait, même si on a eu droit à un exercice (la base était inspectée et on a joué à la guerre) et à une alerte de nuit pour un incendie de poubelle,il ne s’est rien passé durant mes permanences. et je dis tant mieux aussi.
Car à l’instar des soldats de Buzatti attendant dans Le désert des Tartares, le pompier de l’armée de l’air, enfin celui d’avant la professionnalisation, celui de mn époque, celle où la majorité des appelés échouant dans la SSIS avaient tous un niveau bac plus trois au minimum, passait son temps donc à attende qu’il ne se passe surtout rien. les sous-officiers, eux-mêmes passaient leur temps à nous faire comprendre qu’en cas de pépin ils n’avaient pas confiance en nous. Comment les en blâmer quand on en avait rien à foutre au fond des avions et de tout le tremblement ? J’en garde néanmoins un immense respect pour tous les pompiers, y compris certains sous-off très capables, et deux ou trois trucs de base pour aussi bien allumer qu’éteindre un feu.
Ca doit aussi être pour ça que je donne volontiers aux pompiers et que, quand j’entends-vois que des pompiers se font caillasser alors qu’ils vont en intervention j’ai des montées de bile froide irrépressibles.

ps : allez lire le point que Martin Winckler fait sur les deux années de son site, c’est édifiant.

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Publié dans ma vie - mon oeuvre...

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J
Christian > non, parce que tu penses bien que l'Armée de l'air n'allait pas nous laisser pareil matériel ! Savais-tu, par exemple, que le film doré qui recouvre la visière pour protéger de la châleur est, réellement, composée, d'une pellicule d'or ?<br /> Pour Winckler, je suis d'accord avec toi ; pour les inspecteurs, ma foi...
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C
C'est chez toi dans le casque ?<br /> J'ai lu Winkler. Ahlala qu'est-ce que j'aime ce qu'il écrit parce que tous les jours, ou quand il faut échanger avec l'inspection, je me dis que décidemment je n'ai pas le droit de penser par moi-même dans ce boulot !
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M
carole, jeanphi, pimpeleu > bin ouais chui vieux, fait chier !
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M
spécialiste du tuyau chez les gonfleurs d'hélice, ah ba elle est belle la France<br /> (Robert)
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P
oh ben ça... je crois qu'il trifouillait de la maintenance (l'était jeune électricien à l'époque) mais je me souviens plus... (mon frêre est vieux, enfin, je préfère taire son âge sous peine de caillassage). Mais j'ai pas dit que toi t'avais glandé.<br /> <br /> Quuuueoi! Blonde a l'âge d'avoir fait l'armée?! Pfiouuuu. Et sinon Carole, bonne journée? ;o) <br /> <br /> Et sinon, ben.. moi aussi je suis d'accord avec Jifi. <br /> <br />
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