noces (pas si) funèbres...

Publié le par jeanphi

Bon, d’accord, la nuit d’Halloween c’est lundi soir, mais voir, ce matin, veille de la fête des morts, les NOCES FUNÈBRES de Tim Burton, ça se pose un peu là comme célébration morbido-comique, non ?

Halloween m’a toujours gonflé, bien avant que les commerçants français n’essaient d’en faire un épiphénomène marketing. Jusque-là (et depuis ?), c’était un de ces repères dans les séries et les films états-uniens, comme Thanksgiving et Noël. C’était du folklore sentant bon le dollar US. Qui plus est, je l’avais toujours confondue avec l’anniversaire d’un ami (mes hommages Lord Kildor, et joyeux anniversaire !) qui donnait à chaque fois lieu à des libations irraisonnées dans lesquelles le tintouin halloweenesque n’entrait pas (ou si peu) en ligne de compte.

La Toussaint me les a toujours brisées. Je n’aime pas les cimetières, les morts ne sont plus, et toute pierre gravée et révérée pour honorer leur mémoire me donne envie de l’attaquer au marteau-piqueur pneumatique. Je me souviens encore de la dernière fois où j’ai dû accompagner ma mère au cimetière de Terre-Cabade, à Toulouse, pour fleurir la tombe familiale. Je m’en suis ramassé une parce que j’avais osé faire un commentaire acerbe à propos d’un monument aux morts.
Depuis, en mauvais fils, je ne sacrifie plus au rituel de la Toussaint. les morts ne sont plus, qu’ils le restent, et ce ne sont pas trois fleurs qui changeront quoi que ce soit à l’affaire.
Cela doit remonter à mon dégoût viscéral pour l’ensevelissement organisé (qui doit aussi expliquer mon amour pour Six Feet Under...) qui remonte à l’enterrement de mon arrière-grand tante Nanou (cf. le pot-au-feu !).
Je me revois encore, dans le cimetière, au milieu de gens que je ne connaissais pas pour la plupart. Quand j’ai compris, avec une absolue certitude que c’était ma Nanou qui était dans la boîte qu’on faisait descendre dans le caveau, j’ai eu envie de hurler et de vomir en même temps. C’est là que j’ai compris que je ne voudrais pas être enterré post mortem (oué parce que vivant ça craint encore plus !). Depuis je fuis les enterrements.
Cette digression n’était pas seulement un étalement indécent de souvenirs et sentiments intimes. Un peu, je ne dis pas.

Or donc, NOCES FUNÈBRES.
C’est une merveille, splendide, spirituelle, drôle, chantante, pas spécialement pour les enfants (mais pas étranger à certaines de leurs préoccupations) qui marie (pardon) tous les films antérieurs de Tim Burton, en passant par FRANKENWEENIE et VINCENT, ses court-métrages moins connus, ses histoires pour enfant (La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires, parue chez 10/18 en poche) et, évidemment, L’ÉTRANGE NOÊL DE MR JACK réalisé par son compère Henry Selick.
On pourrait, sans fin, reprendre chacun des films de Tim Burton pour montrer comment il en renoue ici tous les fils, mais qui a envie de faire ce genre d’exégète ? Pas moi en tous cas.
Ce que j’ai aimé par dessus tout, c’est le choix de Tim Burton de filmer en gris la réalité d’en haut, celle des cœurs qui battent et de donner à l’au-delà d’en bas (mais qui n’est pas un enfer chrétien, nuance), celui des morts, toute une palettes de couleurs et de sens qui en font de plus agréables compagnons. Il y a quelques années déjà, Rober Zemeckis réalisait un film dont le titre convient bien : LA MORT VOUS VA SI BIEN.
Et c’est bien là l’heureux et plaisant constat que l’on fait avec Tim Burton : la mort n’est pas triste, morne ou morose, mais un autre niveau d’existence, dans lequel on peut se marier, aller à la taverne.
Film drolatique basé sur un adorable quiproquo (le grave misunderstanting de l’affiche pouvant se lire comme un grave malentendu mais aussi un malentendu de tombe !) dans lequel une morte peut finir par se révéler séduisante, surtout quand Burton la dessine en pensant à celle qu’il aime et qui va la doubler : Helena Bonham-Carter.
Film chanté aussi, en clin d’oeil aux années Disney de Tim Burton, permettant à son autre complice, Danny Elfmann, de se laisser aller à une fantaisie morbide.
Je n’en jetterai pas davantage. Allez vous faire plaisir à votre tour en vous laissant séduire par le regard d’Emily, la fiancée si morte et si humaine à la fois.


La mort viendra et elle aura tes yeux
cette mort qui est notre compagne

du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,

un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.


Cesare Pavese

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Publié dans amènes pellicules...

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J
MB > non.
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M
t'as vu les Frères Grimm ?
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M
m'ouais pourquoi pas...
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C
tournée générale de noces funèbres<br />
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C
bon ben ça t'a plu alors...
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