tour de chauffe...
| Tout avait pourtant “bien” commencé : levé à 6h15 (au lieu des 7h30 prévus), j’ai eu le temps de faire de l’aquaplanning dans la blogosphère avant que l’orage signifiant que les dieux dans haut me soutenaient dans l’épreuve du jour ne m’oblige à couper mon mac. J’avais donc pu relever la réponse au jeu de la Boîte à images et, en avant-goût au parfum de bretzel de la prérentrée qui m’attendait, la version délicieusement mise en images par Heidi. Certes, le fait que le film d’Arte soit celui d’Henri-Georges Clouzot intitulé LE SALAIRE DE LA PEUR (1) n’était pas pour me rassurer, mais je me préparais à retrouver mon lycée, mes collègues, ma vie de prof en somme. |
| Et bien, je n’ai pas été déçu... Passe encore qu’il pleuve après trois jours de cagnard, car bon, hein, c’est la fin des vacances, autant marquer le coup. Alors, au lieu d’aller boire le café au réfectoire avec tous les collègues et m’enquiller les mêmes sempiternelles questions (Alors, t’es parti cet été ? Tu as passé de bonnes vacances ? etc.), j’en ai bu un avec quelques collègues dans le magasin d’un des ateliers et ça avait une autre gueule – plus conviviale quoi... Mais la cerise attendue sur l’indigeste gâteau du jour a, une fois de plus, été le discours de prérentrée de nôtre Proviseur. Si el jefe n’a pas fait long, il a fait chiant. Répétant à qui mieux mieux que l’été était fini, enchaînant les calembours foireux et les jeux de mots nauséeux au seul bénéfice de quelques collègues lêche-bottes, il a débité les mêmes phrases creuses, inhabitées que personne n’écoute réellement. En effet, pourquoi donc viennent les profs le jour de la prérentrée sinon pour connaître leur emploi du temps et savoir comment, avec qui et à partir de quand la reprise du travail va se concrétiser pour eux ? Sur le mien je ne m’étendrai pas car j’ai été paradoxalement (2) bien traité, quand bien même je vais donc travailler tous les jours pendant les trente-six semaines à venir, nonobstant les vacances scolaires (3). D’autres ont été moins bien lotis. C’est la loterie de la prérentrée qui souvent, est corrigée dans les semaines qui suivent au gré des intercessions, des compromis et des foutages de gueule qui s’ensuivent. Bah ! tout ça n’était que le tour de chauffe, pour tester les pneumatiques, les affaires sérieuses ne commenceront qu’une fois que nous serons face à nos élèves. Les pauvres d’eux... ps : allez lire le compte-rendu de Cohen le Barbare (ça vaut le détour !) mais aussi la version de Christian qui, quoique d'une tonalité toute autre, me semble tout aussi juste... (1) Oui, celui avec Montand et Vanel en marcels, se battant dans le pétrole en une parabole sado-maso de l’homosexualité réprimée du mâle français de l’époque (et ce en dépit de la présence – alibi ? – de la sensuelle Véra clouzot au début du film)... (2) au sens où je n’avais rien demandé de particulier qui m’obligeasse à des bassesses honteuses... (3) et que les pourfendeurs de profs tempèrent par avance leurs commentaires car toute critique de nôtre statut m’en touche une sans remuer l’autre... (ils n'ont qu'à lire ça) |
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