the aviator...

Publié le par jeanphi

Je me souviens d’avoir vu, enfant, un téléfilm consacré à la vie d’Howard Hughes et qui, contrairement au film de Martin Scorcese, s’achevait dans l’hôtel de Las Vegas où le magnat fou d’aviation finit ses jours, coupé du monde.
Je ne me souviens plus, en revanche, de son titre, et peu importe. L’image de ce type, finissant comme une loque humaine, à l’instar du King tirant dans son téléviseur dans le téléfilm de Carpenter, est toujours restée dans ma mémoire comme un rappel discret de la manière dont certains hommes peuvent monter très haut pour retomber encore plus bas. Comme le chantait Jimmy Cliff , the harder they come, the harder they fall...

THE AVIATOR n’est pas le chef-d'oeuvre de Martin Scorcese.

Celui-ci, en effet, depuis CASINO (1995) enchaîne les films avec plus – A TOMBEAU OUVERT (1999) – ou moins  – GANG OF NEW-YORK (2002)  – de bonheur. C’est néanmoins un grand film épique, à la fois fresque panégyrique à la gloire du Hughes aviateur – concepteur de génie, pilote émérite, osant tout, remettant en question les limites acceptées et bousculant l’ordre établi.

C'est surtout un hommage complice au cinéaste-producteur – qui n’hésita pas à engloutir sa fortune dans son premier film (HELL’S
ANGELS), à braver la censure en faisant un western mettant en avant les atours de Jane Russell (THE OUTLAW) –, portrait du playboy ayant vécu avec Katharine Hepburn (sublime Cate Blanchett , criante de vérité) et Ava Gardner (Kate Beckinsale, fade) des relations houleuses.

C'est, enfin, une description quasi-clinique d’un homme en proie à des troubles obsessionnels du comportement contracté dans sa prime enfance (la séquence d’ouverture) qui le conduisit, petit à petit, dans l’isolement total.

Certes, on objectera que toute la partie sombre du personnage, son anticommunisme, son antisémitisme et j’en passe, n’apparaissent pas là mais le but de Scorcese n’était pas, semble-t-il, de faire un portrait absolu du personnage. J’ai davantage pensé à KUNDUN, son film sur le dalaï-lama qu’à un biopic (film sur la vie d’un personnage illustre) comme le ALI de Michael Mann (que j’adore).
Le Hughes de THE AVIATOR est un enfant gâté, devenu trop riche, trop jeune, affligé de faiblesses l’ayant, toujours forcé à mener un combat perdu d’avance contre lui-même et le monde entier. Hughes n’était pas un Monk avant l’heure mais à une époque où les TOC sont reconnus et débattus sur la place publique, il est probable que si Hughes avait vécu aujourd’hui, sa vie aurait été différente.


Film ample, au rythme ambitieux (2h42), THE AVIATOR se savoure comme un gros roman au long cours accouché par une équipe solide (le scénario de John Logan, auteur de GLADIATOR et de THE LAST SAMURAI, le montage de Thelma Schoomanker et la photo impeccable de Robert Richardson) et filmé par un cinéaste en pleine maîtrise de ses capacités et de ses expériences. Il y a quelques séquences irréelles et montrant l’amour immodéré de Martin Scorcese pour un cinéma flamboyant.

Je ne les raconterai pas (c’est chiant) mais je pense à l’essai de l’avion-espion qui s’achève dramatiquement ; celle où Hepburn parle avec un Hughes complètement en rupture de ban qui s’est enfermé dans sa salle de projection ; ou encore celle où Ava Gardner vient l’aider à se préparer à son audition devant le grand jury et le rase comme on lave un enfant.
Il y a, surtout, cet enchaînement du plan dans lequel Hughes caresse langoureusement le dos de Hepburn avec laquelle il est enlacé sur une méridienne avec le suivant dans lequel on le voit caresser, tout aussi sensuellement, la carrosserie d’un avion qu’il s’apprête à essayer. Howard Hughes, l’homme qui aimait les avions et les femmes...

ps : je réalise que je n'ai même pas dit comment tout le film repose sur la performance de
Leonardo Di Caprio qui confirme ici la dimension de son talent !

 
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Publié dans amènes pellicules...

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