trois points...
![]() | Je n’avais pas encore eu l’occasion de voir HE GOT GAME de Spike Lee et cela manquait à ma cinéculture catégorie Spike Lee/Denzel Washington. Des trois films qu’ils ont commis ensemble j’avoue, jazz oblige, je suis davantage plus fan de MO'S BETTER BLUES que de MALCOLM X. HE GOT GAME n’est pas seulement le énième film de Spike Lee réalisé à New York (le générique, un poème sur son amour du basket, permet d’apercevoir les tours jumelles le temps d’un plan), ni le seul à y évoquer le basket, mais il a réussi à faire un très bon film en mettant ce sport qu’il idolâtre (c’est un fan des Knicks) à l’arrière-plan de la relation père-fils qu’il a voulu dépeindre. Inutile de raconter l’histoire (vous aurez compris que j’ai horreur de faire le pitch) si ce n’est que pour en dire ceci : Lee ne montre pas le basket comme la panacée universelle à tous les maux que vit la communauté afro-américaine, en particulier aux relations familiales. |
| Comme le dit le personnage de la mère de Jésus (nan, ce n’est pas une blague) : "Le basket n’est qu’un outil, pas une fin en soi". Je pense que, sans en avoir l’air, c’est le message qu’il a voulu faire passer. Ça et l’importance, réaffirmée dans chacun de ses films, de la famille. Envers et contre tout ce qui peut arriver. C’est cependant la première fois que, à ma connaissance, Spike Lee n’a pas fait appel à Terence Blanchard pour composer la musique de son film. Il a en effet choisi, en plus des quelques chansons de Public Enemy que l’on y entend, d’utiliser des compositions d’Aaron Copland. Le fait pour Lee de choisir l'un des plus grands compositeurs américains est assez inhabituel pour ce metteur en scène urbain, pétri de culture musicale afro-américaine, donne à son film une dimension transcendante, dépassant les clivages communément reconnus par la société américaine pour élever son cinéma, ses personnages, ses mythes, à un stade plus fédérateur qu’exclusif. Comme le dit un agent au jeune Jésus, “Tu es noir, je suis blanc mais ces billets sont verts...” Désormais, le cinéma de Spike Lee n’aspire plus à n’être que le vecteur des messages d’une communauté en crise, niée, amalgamée, mais, au-delà, parce qu’adulte peut-être, à représenter l’Amérique, tout simplement. |
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