la caravane de l'étrange...
| Je me méfie des coïncidences et le déjà vu me gonfle royalement, mais lorsque, après avoir vu dans Taken l’importance accordée par la série à un carnivale (qu’on pourrait maladroitement traduire par fête foraine, le mot carnaval ayant un autre sens pour nous), je découvre Carnivàle, la série de HBO étrangement rebaptisée La caravane de l'étrange en français, je commence à me poser des questions. Série transgressive, n’hésitant pas à mettre au premier plan des freaks (1), à dénuder (intégralement) des corps (2), à jouer sur le fil du rasoir des sentiments religieux en instillant un trouble ambigu entre le bien et le mal, |
| La caravane de l'étrange est bel et bien une série HBO et la digne petite sœur de Twin Peaks avec qui elle partage le même passeur : Michael Anderson, le fameux nain qui dansait derrière les rideaux rouges. Je viens de finir de voir la saison 1 et, tout en sachant qu’elle est suivie d’une seconde (qui sortira quand ?), je me désole déjà de savoir qu’il n’y en aura pas de troisième. Passe encore que ce soit une mini-série (douze épisodes), car la qualité (scénario, mise en scène, photo, casting etc.) est là, à chaque épisode et que, souvenons-nous en, Twin Peaks elle-même ne dura que deux saisons. Mais savoir que la série est déjà finie alors que je n’en suis qu’au début, c’est à désespérer. Bon, je dois dire que je ne me suis pas renseigné sur les raisons de cet arrêt. Gageons que, sachant la liberté de manœuvre de HBO, chaîne du câble moins soumise aux diktats de l’opinion publique et à la frilosité des networks capable de mettre à l’antenne The Sopranos et Six Feet Under, si elle met fin à la série ce doit être en raison de son audience... Avec tout ça, je n’ai même pas raconté l’histoire. Tant pis, il faudra me croire sur parole : Carnivàle est un bijou de noirceur fantastique, un (faux)documentaire sur les années de la Crise (3), une parabole à peine déguisée sur l’Amérique de Bush junior et le retour à l’écran deJohn . Alors, de même que la halte du convoi à Milfay pour prendre à son bord le jeune Ben Hawkins n’était pas une coïncidence, je me dis qu’autant de forains de carnivàle en si peu de temps, ça fait beaucoup... (1) comme Tod Browning le fit, à l’époque où se déroule la série, mais aussi comme cet épisode de X-Files, je crois bien que c’était “Humbug” (Faux-frères siamois) dans la saison 2, et Michael Anderson y jouait aussi ! (2) à l’heure où les logiciels permettant de couper ou de dissimuler la nudité, la violence ou autre dans les films se vendent comme des petits pains aux Etats-Unis : lisez l’article dans le Charlie Hebdo de cette semaine... (3) comme si Walker Evans avait filmé une série fantastique au lieu de faire les clichés qu’on lui connaît... |
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