indigènes

Publié le par jeanphi

Je n'avais pas eu envie, lors de sa sortie, de me donner bonne conscience à peu de frais, voire de me complaire dans un moule par trop évident (le prof d'histoire qui...) en allant voir en salle l'INDIGENES de Rachid Bouchareb.
A vrai dire, j'ai même tendance à fuir ces films, préférant leur donner du temps. Mais le film vient de sortir en dvd et l'année scolaire n'est pas achevée, alors je me suis forcé la main. Et je ne le regrette pas. Voilà, ça c'est dit ; passons maintenant aux figures imposées !

Oui, le prix d'interprétation masculine accordé à l'ensemble des principaux interprètes du film est mérité. Et ce d'autant que des quatre qu'on voit à l'affiche, il manque le cinquième, Bernard Blancan qui joue le sergent pied-noir qui commande cette section de tirailleurs.

(J'aurais quant à moi par ailleurs donné à Aurélie Eltvedt le prix d'interprétaion féminine plutôt qu'à l'équipe de VOLVER.)
Les quatre donc, les mousquetaires de Bouchareb sont des figures étonnamment romanesques, mais aussi des condensés à eux-seuls de héros cinématographiques (j'ai surtout repensé à THE BIG RED ONE de Fuller) et télévisés (la référence à Brothers in arms est aussi évidente).

Autre figure imposée : le sujet du film lui-même.
Alors que la scène finale de SAVING PRIVATE RYAN nous montre un vétéran entouré de sa famille, les images de Sami Bouajila, vieilli, seul, devant les tombes de ses camarades, puis, encore plus, dans sa chambre, nous montrent bien l'écart qu'il y a entre ces deux films, mais aussi entre notre Histoire et la société actuelle. Le gel des pensions des anciens combattants est un crime, une tâche indélébile, une honte irréfragable. Penser qu'il aura fallut ce film, le prix de Cannes et la fin annoncée de son mandat pour que Chirac, enfin, ose reconnaître publiquement que la France devait rattraper ce retard alors que les vétérans ne sont plus si nombreux...
Le film nous rappelle aussi, à travers les personnages d'Irène, mais aussi du Pied-noir, ou encore celui du jeune capitaine, que nous sommes passés, par racisme, par arrogance, par orgueil, par bêtise, par amnésie, à côté du plus grand projet de tous : une véritable union patiotique au sein de la République de tous les peuples de l'Empire dans laquelle chacun pourrait être un citoyen comme les autres. INDIGENES est donc aussi la chronique d'un gâchis, d'un déni, que la scène où un caméraman immortalise la libération de l'Alsace par les soldats français illustre amèrement.
Grand et beau film, alors qu'il n'aurait pu être qu'un pamphlet manichéen comme un certain cinéma de propagande a pu en commettre par le passé, INDIGENES est aussi un film idéologique au sens où il fait appel à nos idées tout autant qu'à nos sensations.

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Publié dans amènes pellicules...

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R
On est passé à côté de l'union des peuples de l'empire, parce qu'on est pas romains... et encore, on peut pas dire que ça avait bien réussi là non plus... fichu nature humaine. < raph
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