mars attacks !...
| Enfin, ça y est ! Non, pas simplement le fait que j’ai été voir LA GUERRE DES MONDES mais bien que Spielberg ait réalisé le grand film qui manquait encore à son palmarès, un du niveau et de l’ampleur de CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND. Le film réussit à rendre hommage aux films de sf classique tout en respectant l’oeuvre originale (le livre, pas le film de 1953 !) sans oublier d’y injecter quelques aspects bien contemporains (oh, que de drapeaux ! oh, c’est rageant hein, quand les voitures elles ne marchent plus ? oh, t’as vu la gueule de ces terroristes ?). Il est inutile de raconter l'histoire tant elle est connue et fidèle au roman de Wells (qu’il ne faut pas confondre avec le Welles qui la popularisa avec une fameuse émission dont je vous conseille la lecture !) : les aliens (de Mars, mais pourquoi pas, c’est toujours d’actualité) débarquent et massacrent tout ce qui bouge (animal et humain) ou pas (sévère opération immobilière) en quelques jours (combien : deux, trois ?) jusqu’à ce que la Providence s’en occupe à sa manière. |
| L’angle qu’ont choisi Josh Friedman et David Koepp est assez original (ce n’est pas le point de vue des militaires, quasi absents, ni des gouvernants) et très spielbergien : un père divorcé qui n’a pas de lien réel avec ses enfants va devoir les protéger et survivre à la menace le temps d’un week-end (voilà, c’est ça : deux jours). Spielberg, enfant de divorcé, creuse donc une fois de plus un sillon entamé naguère dans E.T., mais en s’intéressant au versant paternel. De fait, ce père en devenir interprété brillamment par Cruise est loin d’être a priori sympathique, à nos yeux comme à ceux de ses enfants. Il va grandir, mûrir, au fur et à mesure qu’il met en pratique une règle élémentaire : fuir, en mouvement. Voir tous ces Américains se carapater de la sorte ou, quand ils essaient de résister, se faire laminer la tronche, a quelque chose de troublant. Le film est à ce titre une grande leçon d’humilité. Les enfants, personnages essentiels de la mythologie spielbergienne, sont les pièces majeures de ce jeu de massacre. La fille du “héros”, interprétée par l’incroyable Dakota Fanning (et dire qu’elle va devenir une ado, quel gâchis ! on ne pourrait pas lui éviter ce purgatoire ?) rayonne littéralement et on comprend l’acharnement de son père à la protéger. Son fils, ça, c’est une autre soupière ; je l’aurais fait volontiers crever pour lui apprendre un truc ou deux (en plus, du coup, il n’aura même pas fait son papier sur l’occupation française en Algérie !). La toute fin du film reste le seul écueil, à mon goût, dans un film parfait. Spielberg s’est senti contraint au happy end et je trouve a dommage, même si, il faut aussi le reconnaître, celui-ci a une certaine amertume. La leçon apprise par le “héros”, comme par le genre humain dans son entier, aura été lourde et dure. Rien ne sera plus comme avant désormais... ps : je vous renvoie aussi à l'article de La boîte à image sur l'affiche du film. |
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