dogfaces...

Publié le par jeanphi



This is fictional life based on factual death

Ces mots ouvrent THE BIG RED ONE de Samuel Fuller dont la version restaurée (reconstruite) vient enfin de sortir en dvd, vingt-cinq après sa présentation à Cannes.
Étrangement titré AU-DELÀ DE LA GLOIRE en français (je ne comprends pas ce besoin de modifier les titres), le film est présenté dans sa version longue, proche de celle que Fuller voulut montrer mais que le studio de l’époque, Lorimar, lui refusât.
Je n’irai pas jusqu'à dire que j’ai reconnus tous les passages différents car je ne ‘avais vu qu’une seule fois, à la télévision, il y a quelques années déjà. J’en avais gardé le souvenir d’un film de guerre puissant, âpre et dur, mettant en scène, non seulement le grand Lee Marvin mais aussi le héros du poster au-dessus de mon lit : Mark Hamill.
Depuis, j’avais eu l’occasion de voir d’autres films de Fuller, comme SHOCK CORRIDOR ou PICKUP ON SOUTH STREET, mais sans avoir pu redonner une chance à ce BIG RED ONE de mon enfance.
Cette version est extraordinaire, tant par la qualité du film reconstruit, que par celle des bonus proposés qui éclairent la genèse et la production du film ainsi que la carrière de Fuller lui-même. L’histoire, inspirée des souvenirs de guerre de Fuller qui fut un membre de ce premier corps de l’infanterie américaine, montre comment quatre soldats et leur sergent parviennent à survivre à la seconde guerre mondiale, entre le débarquement en afrique du Nord de 1942 et la fin de la guerre en Europe.
La dernière partie du film montre les Américains libérant un camp de la mort en Tchécoslovaquie, tout comme Fuller participa à celle du camp de Falkenau. La découverte par le personnage joué par Hamill des fours crématoires dans lesquels des squelettes achèvent de brûler reste un moment inouï. De fait, et les bonus y reviennent largement, les quatre trouffions forment un composite de Fuller lui-même sous les auspice de Marvin qui, comme lui, participa à la seconde guerre, mais dans le Pacifique.
Le film a conservé cette énergie vitale, cette envie de survivre à l’absurdité de la guerre. et le jeu de Marvin, qui mourra sept ans après, y est pour beaucoup. Je dois aussi parler de la musique de Dana Kaproff qui, s’il demeure toujours un inconnu, a composé une bande-son épique et sensible qui font de ce film un classique absolu.
THE BIG RED ONE n’est pourtant pas un film glorifiant bêtement, patriotiquement, les exploits de cette compagnie célèbre de l’armée américaine. Il ne s’agit pas non plus d’un Band of Brothers avant l’heure même si ce dernier doit beaucoup à Fuller (et donc, Spielberg aussi...).
Celui-ci a voulu montrer ce qu’avait été sa guerre, comment il lui avait survécu. Son film reste donc précieux, aujourd’hui comme hier.

ps : hier soir, j'ai aussi (re)vu la version restaurée de A FISTFULL OF DYNAMITE (aka DUCK, YOU SUCKER) – en français : IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION – de Sergio Leone et c'est encore et toujours un grand film...

Publicité

Publié dans amènes pellicules...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
bonne nouvelle
Répondre