l'homme sans douleur

Publié le par jeanphi

Je me suis laissé hier soir happer par un trop rare moment de bonne télévision.
C'était sur Arte, un documentaire sobrement intitulé L'HOMME SANS DOULEUR et réalisé par deux femmes, Ruth Zylberman et Muriel Coulin.
Vous allez me dire : la belle affaire que ce soient deux femmes ! Certes, et j'en conviens, mais en partie seulement car je pense que ce film doit à sa féminine origine maintes de ses qualités.
De quoi s'agissait-il ? D'une enquête aux limites de la science et du fantastique, de celui qui nourrit la science-fiction. Un homme, Alain Bastien (le moustachu) découvre un jour, incidemment, qu'il ne ressent plus rien. Soyons précis : qu'il ne ressent plus la douleur. Allons plus loin : et il ne la craint désormais plus.
Un spécialiste de la douleur, le Pr Danziger (en bleu, avec le marteau) décide de le renconter afin de lui proposer de procéder à des tests pour déterminer le pourquoi du comment. L'on suit donc, cinquante-cinq minutes durant, la minutieuse et frustrante (jusqu'à la fin) entreprise de ce jeune et enthousiaste praticien qui se heurte à un ensemble de phénomènes pour lesquels il n'a aucune explication à donner. Mais en parallèle, on écoute et découvre aussi les cas d'autres patients de notre docteur, et l'on comprend alors combien nous vivons entourés par la douleur qui, bien plus que le cogito cartésien, est la preuve que nous existons.
Cette image est saisissante. Le but de l'expérience n'est pas, comme on pourrait le supposer de voir si le patient va souffrir du coup de marteau donné ; voire de déterminer si nous, par empathie, souffrons de partager cette inouïe douleur annoncée. Non, rien de cela, car l'homme va frapper à côté de la main qui, et c'est là qu'on est en plein surnaturel, ne bouge pas. Là où n'importe qui aurait retiré sa main, par précaution, instinctivement, Alain Bastien ne craignant pas une supposée douleur prévisible, ne retire pas sa main, même sans le vouloir.
A un moment donné, Danziger lui demande ce qu'il choisirait si la possibilité de ressentir à nouveau la douleur lui était offerte ; Alain Bastien répond alors qu'il chosirait la douleur. Et étrangement, je suis d'accord avec lui.
A un autre, et je m'arrêterai là ensuite, Danziger explique à une de ses patientes qui souffre de douleurs lombaires terribles, que sa douleur ne peut pas lui être arrachée comme s'il s'agissait d'un corps étranger que l'on pourrait éliminer ; qu'il s'agit en fait d'une réaction de son anatomie, d'un phénomène propre à son corps et qui se déroule à l'intérieur de celui-ci. Et là, comme  tant de fois avant ça, je me suis souvenu de toutes ces fois où j'ai pu ardemment désirer voir une douleur, un souvenir, une sensation, disparaître, m'être arrachée, pour ne plus en souffrir. Et je comprends mieux en quoi c'était à la fois vain, et si banalement humain.


ps : diffusion ce soir par canal+ de DEATH OF A PRESIDENT le film de Gabriel Range dans lequel G.W. Bush est assassiné et dont je parlais déjà en octobre dernier.
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Publié dans le cube à images...

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M
<br /> Une autre chose importante aussi montrée dans ce film (en plus de la perte du reflexe de protection, retirer sa main avnt le coup de marteau, se brûler si la douche est trop chaude etc.) c'est la<br /> perte des émotions, il dit oui ça doit faire très mal après avoir vu des extraits de films montrant de graves accidents (torero encorné, fracture ouverte de la jambe, accident de formule 1) qui<br /> font frémir le public (je l'ai constaté au festival du docu scientifique d'Oullins) comme le dr Dantziger le chercheur (et moi bien sûr).<br /> <br /> <br /> Il y a des enfants qui naissent avec une absence de récepteurs de la douleur et on dirait que l'effet est le même, j'ai entendu un témoignage enfant pas du tout câlin (à la différence de ses<br /> aînés non atteints.<br />
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A
En tout cas, tu es devin !!! tu sais par avance ce que nous allons dire !!!
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J
les agents > avec vos comm' on tient un embryon de chanson pour, j'hésite entre Marc Lavoine ou Florent Pagny ...
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L
la belle affaire que ce soit un homme...
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A
la belle affaire que ce soient deux femmes !
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