little miss sunshine
![]() | Comme vous le savez peut-être je consulte régulièrement deux sites anglosaxons sur lesquels je peux, bien avant qu'ils n'apparaissent dans nos contrées, découvrir les bande-annonces de films, le plus souvent étatsuniens. Il s'agit d'u site d'Apple et de celui du magazine de cinéma britannique Empire. C'est ainsi que, bien des mois avant qu'il ne sorte en France j'étais tombé celle de LITTLE MISS SUNSHINE, le film de Valerie Faris et de Jonathan Dayton. Bien entendu, je n'eus pas l'opportunité de le voir en salles à sa sortie, le rangeant mentalement dans la catégorie des films à acquérir lors de leur diffusion en dvd. Et puis, peu de temps avant que je ne descende à Toulouse pour les fêtes, Marie, ma soeur, me fit part au téléphone, de son |
| émotion à propos d'un film qu'elle venait de voir au cinéma. Il faut vous dire que si nous ne nous parlons pas aussi souvent qu'elle le voudrait, nos conversations sont souvent marathoniennes, et qu'une partie au moins est consacrée à nos lectures et nos films. Nous partageons en effet ce même vice culturel, et en particulier un intérêt réel, surtout marqué chez elle, pour les romans policiers. C'est une lectrice non seulement vorace mais aux goûts et à la finesse d'analyse et de compréhension que les années ont aiguisé. Alors, quand elle m'a dit que LITTLE MISS SUNSHINE était, à son avis, son film de l'année (et je vous jure que quand elle m'en a parlé c'est comme si elle avait réussi à dire ces mots en caractères gras !) et qu'en outre, il passait encore à Toulouse, j'ai bien compris ce qui m'attendait. Et puis elle ne s'en est pas tenue là (et après, promis Marie, j'arrête et je parle du film !) puisqu'elle n'a eu de cesse, avec cet entêtement fraternel qu'elle sait mettre dans certaines situations, que je trouve le temps d'aller le voir. Ce que, vous l'aurez compris, j'ai finalement pu faire, d'autant plus qu'il était encore projeté en version originale et à l'Utopia. Aller à l'Utopia est un de mes plaisirs toulousains* favoris, et ce depuis la transformation du Rio, une ancienne salle de centre-ville en un hâvre de cinéphilie et de radicalité revendicatrice. Outre le cadre, la programmation et les tarifs, j'apprécie l'absence de publicités avant le film et le fait que personne n'entre plus dans la salle dès que celui-ci a commencé. Ce sont des conditions de confort qui ont, ailleurs, disparu, et c'est bien dommage. Et puis, ils ont un système de carnet d'abonnement qui permet, à n'importe quelle séance, d'échanger un ticket contre une place. J'avais reçu, en avril dernier, de ma soeur, en cadeau, un carnet, que je n'avais pas encore utilisé et qui, depuis, dormaient dans mon portefeuille. C'est donc avec un plaisir anticipé que j'allais, mercredi dernier, faire la queue pour voir le film à la séance de 17h30. Je n'étais pas seul, loin s'en faut, mais l'Utopia est bien le seul cinéma où je me moque de me retrouver dans une salle bondée. L'histoire de LITTLE MISS SUNSHINE est toute entière inscrite dans la première séquence qui fait aussi office de générique : une petite fille boulotte et myope rêve de participer à un concours de jeunes miss afin de pouvoir connaître les mêmes moments de bonheur extatiques que son idole : Miss America. Par un concours de circonstances elle se retrouve qualifiée pour la finale de Little Miss Sunshine qui doit se tenir à Redondo Beach, en Californie. Or, sa famille de bras cassés et elle vivent à Albuquerque, au Nouveau Mexique et n'ont pas les moyens de payer un voyage en avion. Et voilà pourquoi, tout ce petit monde part dans un van Volkswagen à l'embrayage capricieux pour rallier la Terre promise en une épopée épique, hilarante et douce-amère au cours de laquelle cette famille désunie va se recomposer sous nos yeux morts de rire. La grande surprise de ce grand petit film vient, entre autres raisons, de ses auteurs. Le scénariste, Michael Arndt, signe là son premier scénario et fait montre d'un talent certain pour faire vivre et rendre attachants ses personnages. Ses rebondissements entretiennent la dynamique du film sans que cela paraisse artificiel et il réussit, jusqu'au final (le numéro de talent d'Olive !) à éviter de sombrer dans le ridicule. Quant à Valerie Faris et Jonathan Dayton, ils prouvent a contrario qu'on peut, comme eux, venir de l'univers du video-clip, et avoir des choses à raconter en images, sans tomber dans la facilité et avec une tendresse et un humour revigorants. Le film, cependant, repose avant tout sur ses comédiens, et en premier lieu sur la jeune Abigail Breslin qui interprète Olive. elle n'a que dix ans, mais tourne depuis qu'elle en a six, tant pour le cinéma que pour la télévision. Elle est proprement extraordinaire et quitte à tomber dans la paraphrase paresseuse, j'aurais aussi tendance à dire, comme Empire, qu'il s'agit de la nouvelle Dakota Fanning, tant son jeune talent et sa sincère ingénuité en font une comédienne prometteuse. Ou, comme disait ma mère, on en fera quelque chose si les petits cochons ne la mangent pas avant. Les autres sont tous aussi chouettes : qu'il s'agisse de Paul Dano (qui a en fait 23 ans et non 15) qui joue le frère dépressif d'Olive, et qui a déjà deux épisodes de The Sopranos à son actif ; de Greg Kinear, l'interprète du père d'Olive, coach pontifiant et ridicule ; de Toni Colette, la mère ; de Steve Carell, son frère, comédien comique pince sans rire ; et enfin d'Alan Arkin, le grand-père drogué aux bons conseils et qui est aussi à l'affiche de SANTA CLAUSE 3 : THE ESCAPE CLAUSE aux côtés d'Abigail Breslin. Ce qui explique peut-être leur complicité dans le film. Mais tous, et c'est ce qui rend le film savoureux, nous donnent l'impression de voir une troupe de théâtre, pour ne pas dire de criminels chevronnés (regardez mieux l'image, elle ne vous rappelle pas furieusement un certain film ? !), qui sait faire corps en toute situation, avec un allant et une énergie communicatives qui font, et c'est assez rare pour être souligné, qu'à la fin du film beaucoup de spectateurs ont appaludi dans la salle. Et pour illustrer cela, quoi de mieux que cet extrait de la scène du repas au cours de laquelle Abigail apprend sa qualification ainsi que les raisons qui ont poussé son oncle à tenter de se suicider tandis que nous apprenons au passage pourquoi son frère a fait voeu de silence ! Si vous avez donc l'occasion de voir le film en salles, ruez-vous y, emmenez vos amis, votre être cher, votre voisin acariâtre, parce qu'on n'a pas tous les jours la possibilité de faire ainsi du bien aux gens sans qu'ils ne vous le demandent ! PS : dans le cadre du Festival Télérama, du 17 au 13 janvier, le Casino d'Auxerre rediffusera le film (en vo) aux horaires suivants : jeudi 18 à 16h30, samedi 20 à 19h45, dimanche 21 à 22h et lundi 22 à 14h |
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