urgences, encore et toujours...

Publié le par jeanphi

Je pense faire partie de ceux qui s'étaient lassés d'Urgences, et pas seulement depuis le départ de Carter.
La série semblait tourner à vide depuis un certain temps, ne parvenant pas à retrouver ce je-ne-sais-quoi qui nous l'avait rendue, naguère, indispensable. Peut-être ne nous nous sommes jamais remis de la mort de Mark Greene, et que nous en sommes orphelins. A moins que la série ne manque d'un vrai salaud à détester comme Romano. Allez savoir. Le fait est que les aventures des urgentistes du Cook County ne me passionnaient plus, jusqu'à ce qu'ils se laissent rattraper par l'actualité – et la concurrence.
L'actualité, si l'on en juge par exemple par les deux épisodes diffusés dimanche soir (le 20 et le 21 de la saison 12), c'est une série dans laquelle on voit deux médecins américains (Carter l'Africain et Pratt le Taciturne) s'échiner au Darfour (Soudan), là où se déroule, au vu et au su des médias et de la communauté internationale, un génocide pur et simple. Dire qu'une série aussi populaire et grand public ose prendre ainsi à bras le corps une telle problématique, surtout à l'aune de la connaissance du monde qu'on prête aux Américains (salut Joye !), est toujours incroyable. Le personnage de Carter, transfiguré, émacié et mûri, est à lui seul une publicité pour l'engagement dans une ONG médicale, tandis que le passage par un camp de réfugiés devient la voie de salut pour les toubibs de chicago. Mais observer ce Carter-là permet aussi de mesurer le poids des ans, celui qui nous sépare des premières saisons. La série alors était un soap pluttôt gore, rempli d'expressions absconses et de rites insolites. Si on nous avait dit alors qu'un jour on apprendrait la mort, en Irak, d'un médecine de l'hôpital...
La concurrence ce sont toutes les autres séries médicales qui sont nées, voire sont mortes, quand elles ne taillent pas des croupières à Urgences. Et au premier rang d'entre elles, bien sûr Grey's Anatomy, puisque les aspirants chirurgiens de Seattle travaillent, en tant qu'internes aux urgences d'une clinique privée. Pas étonnant dès lors que Nyla Razgotra, celle qui jadis hésita tant à embrasser la carrière, soit en passe de devenir chirurgienne, comme l'était le docteur Benton, comme Carter faillit le devenir. La série, obligée de se colleter à la concurrence de séries médicales plus âpres comme House MD ou franchement drôles comme Scrubbs, a donc été obligé de trouver un nouveau rythme, là où ne l'attendait pas, en réunissant l'équipe du Cook County la plus abracadabrantesque, digne de Carnivale, avec un Clemente border-line en chef de file. Le départ, l'air de rien, de Kerry Weaver, amputée de sa canne, passe presque du coup comme une péripétie anodine. Seuls demeurent, en fait, les infirmières et les infirmiers, ceux dont vous ne verrez pas les noms sur la page du site de france 2 consacrée aux personnages de la série. Et pourtant...
La boucle se bouclera pourtant l'an prochain, en septembre 2007, quand en même temps que la rentrée des classes, débutera, pas si traditionnellement que ça du coup, l'ultime saison d'Urgences, la treizième. En attendant, ne ratez pas, la semaine prochaine, le dernier épisode de la saison douze.

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Publié dans téléséries

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