contemplation..
Sans doute est-ce être conservateur que de refuser les miroitements de nos sociétés pour aller à lessentiel, de dénoncer loptimisme des promesses qui ne peuvent être tenues, de montrer les dangers sur lesquels les gouvernements sont étonnamment discrets, de contester le discours officiel qui, à travers la détente comme dans la guerre froide, dans la crise daujourdhui comme hier en pleine expansion, se déroule, imperturbable, sûr de lui, rassurant, alors que, de compromis en reniements, de tromperies en replâtrages, il conduit vers le désastre. Tel est bien le devoir de critique qui simpose à quiconque veut observer, analyser, comprendre, expliquer. Y renoncer serait abdiquer toute liberté desprit face aux hommes de pouvoir, quelle que soit la forme de leur pouvoir. Sceptique, plutôt que de se joindre au chur des laudateurs. Irrévérencieux, pour ne pas participer au vaste concours des complaisances. Lorsque la tâche devient ou paraît trop lourde, certains choisissent alors le confort trompeur, les illusoires facilités et les vaines satisfactions que procurent les antichambres du pouvoir, des pouvoirs, sans se rendre compte quils immolent leurs qualités desprit sans pour autant prendre prise sur le pouvoir. Mieux vaut alors, seule voie honorable, sadonner à la contemplation. Claude JULIEN, extrait de sa préface |
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