des fleurs pour algernon

Publié le par jeanphi

Je ne me souviens pas de l'âge auquel je découvris CHARLY l'adaptation cinématographique par Ralph Nelson du roman de Daniel Keyes Des fleurs pour Algernon.

Je me souviens encore de l'émotion, des larmes, chaudes et continues, longtemps après la fin du film. J'en gardais une rancune tenace envers tous les expérimentateurs de tous poils et une phobie certaine des labyrinthes.

Des années après, alors qu'adolescent je me plongeais dans la science-fiction à corps perdu, dévorant tout ce que je trouvais, lisant partout, jusqu'à l'épuisement, je lus enfin le roman de Daniel Keyes, dans cette édition J'ai Lu.

Ce fut un choc littéraire et narratif, ma première approche d'un genre un peu particulier (le roman épistolaire) dont la science-fiction a toujours fait un grand usage (je pense au Je suis une légende de Richard Matheson). J'en ai gardé une passion pour les romans à la première personne, dans lesquels le narrateur se raconte dans des journaux ou des lettres ; mais aussi cette certitude que l'on
peut changer, progresser, viser l'impossible, et que cela vaut le coup, même si, pour paraphraser quelqu'un, y a rien qui dure, y a rien qui soit toujours pareil... Le destin de Charly est à l'image de ces papillons éphémères dont la beauté le dispute à l'extrême brièveté de leur vie. Dans le temps du roman, il aura connu l'amour et la lucidité d'une intelligence à même de lui ouvrir les yeux sur la réalité de son univers, cruel, injuste. Roman de jeunesse, de formation, Des fleurs pour Algernon est un classique qui transcende les genres, un Emile, version science-fiction...

Je viens de voir l'adaptation télévisée française qu'en ont fait David Delrieux à la réalisation et Anne Gaffieri au scénario, avec Julien Boisselier dans le rôle de Charles, le pendant hexagonal du Charly de Cliff Robertson.
Je suis à nouveau sous l'émotion, différente, et en même temps si familière, ressentie naguère. Le jeu de Boisselier, tout en justesse et retenue, jusque dans  ses emportements, mais aussi, dans une autre mesure, celui d'Hélène de Fougerolles (qui joue une Alice délicieuse) et de Mariane Bassler (qui vieillit très bien) m'ont stupéfait.
Les choix du scénario ne trahissent en rien l'oeuvre originale bien au contraire.  Deux images, entre autres, vont m'accompagner dans le sommeil : Charles fixant la pendule du laboratoire, cherchant à voir les aiguilles bouger ; et Algernon, butant contre le labyrinthe de livres construit par Charles dans son appartement. Non, allez, disons trois, en rajoutant l'avant-dernière scène, celle du bouquet.

Et cette sensation pégueuse, irritante, mortifiante, ancienne, que le temps qui passe va toujours trop vite, ne s'arrête jamais et joue contre nous.


nb : du coup, du moins y vois-je là une conséquence, j'ai refais cette nuit un de mes plus anciens rêve récurrent. Quelque part, en un lieu empreint de cette solennité qu'apporte le temps et l'ennui, fait de vitres translucides et de boiseries fatiguées, je passe un écrit. Examen, concours, je ne saurai dire. Je sais seulement, intimement, que ce n'est pas ma première tentative, tant l'épreuve, les visages qui m'entourent, les réflexes intestinaux me le rappellent. C'est un peu une métaphore onirique de mes années de fac et de celles de concours. Et puis, il y a cette elle, dont les traits m'échappent mais que je reconnais à chaque fois, et qui me sourit, me connaît, sans savoir que moi. Que moi. Bref.
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D
Je crois tout bonnement que cette histoire a beaucoup de forces. On cherche tous à s'améliorer, d'une façon ou d'une autre. Le souci c'est que parfois, en chemin, on en oublie l'essentiel.<br /> J'ai beaucoup aimé la prestation de Julien Boisselier moi aussi. J'ai apprécié la scène où il apprend qu'il est amoureux. C'était touchant. Le roman m'avait fait versé quelques larmes, le film aussi. Tout est bien ! <br /> ^^
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M
Mercredi soir (malgré le fait que j'ai malheureusement manqué le début), je suis également tombée sous le charme de cette histoire grâce à l'adaptation française et à la magnifique interprétation de Julien Boisselier.Aujourd'hui, j'ai emprunté le livre dont il est issu.Je crois qu'il restera pour longtemps, si ce n'est à jamais, gravé dans ma mémoire.
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M
dur et beau ce fimpour elle : on ne gagne rien à taire ses sentiments ..... ou peut-être que si ...... :0068:
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