le cri du chat au vox

Publié le par jeanphi

Il est des épopées discrètes qui ne souffrent aucun chant, des sagas si tranquilles qu'aucune rune gravée n'atteste. Et puis, il y a certains samedis soirs.
Alors même que pour des raisons que je ne développerai pas ici, je connaissais l'existence de Le Cri du Chat, je ne les avais encore, jusqu'à samedi dernier, jamais écoutés, entendus, appréciés en un mot.
Certes je savais qu'ils n'avaient rien à voir avec le syndrôme génétique éponyme, pas plus qu'avec le cri d'un autre mammifère ongulé artiodactyle et ruminant. Pour tout dire, je connaissais même deux des quatre membres du groupe.
Et pourtant, jusque-là, et ne me demandez pas pourquoi, je n'avais pas eu la curiosité de les écouter. Un peu comme si, sachant qu'ils existaient, ayant leur site en mémoire, je ne m'inquiétais pas davantage. Il n'y avait aucune urgence, aucune pression. Sauf celle, amicale, d'une de leurs ferventes groupies qui réussit, presque sans s'en rendre compte, à me convaincre d'aller les voir un samedi soir de novembre.
Il faut vous dire que si tout le monde partage le même calendrier, il n'en va pas de même des conditions climatiques et routières. J'en veux pour preuve que, samedi soir, donc, nous dûmes traverser, tant à l'aller qu'au retour, une nappe obstinée de brouillard avec laquelle nous fûmes contraints de cheminer de l'Yonne au Loiret.
Nous, car j'avais proposé à mes amis de covoiturer avec eux. J'ai en effet toute confiance dans le conducteur alors que je me méfie de mes yeux. Le Loiret car le concert devait avoir lieu dans la salle du Vox, à Chateau-Renard.
C'est un lieu épatant, comme on en rêverait par chez nous : une salle toute en longueur accueillant un comptoir/bar et un espace attenant pour les clients/consommateurs, puis des fauteuils de cinéma assez confortables, et une scène, pouvant acceuillir des artistes et qui, pour les projections, est dissimulée par l'écran. Car le Vox, lieu géré par une association (Vox Populi), est à la fois une salle d'art et d'essai perdue en pays Gâtinais, une salle de concert se prenant pour une guinguette, et plus encore. Il faut réserver ses places, qui sont limitées, et samedi soir, toutes l'étaient, et par des gens très différents.
Le concert proprement dit a été épatant, à la fois parce que la salle est très vite rentrée en sympathie avec les musiciens qu'elle avait déjà accueillie, mais aussi, je crois, parce que le groupe était en forme. Le dispositif scénique est simple mais élégant : au premier plan, un contrebassiste (Christophe Gauvert) qui dissimule son archet dans un carquois fixé à même son instrument, et Clémentine Mitrani, la chanteuse-auteure et qui joue aussi d'un accordéon pailleté de près ; au second plan, un batteur (Christophe Cerri) énergique et décontracté, et un clavier (David Buisson), allègre. Au dernier plan, mais en fait à l'autre bout de la salle, quatre mains magiciennes pour se jouer de la lumière et des sons, celles de Fanny Claret et d'Olivier Carrara.
Les chansons de Le Cri du Chat  alternent gravité et légèreté, folie douce et réflexion, poésie et remue-gambettes, glissent d'un genre musical à l'autre, l'accordéon servant de balise vers laquelle toutes reviennent, comme des enfants vers leur mère. Chaque musicien a droit au chapitre dans ce choeur qui n'en est pas un, chacun s'y exprime selon son humeur, et à l'écoute des autres, créant ainsi une harmonie qui donne au groupe sa cohérence. Ce n'est pas en effet une structure prétexte servant d'accompagnement à la seule chanteuse et, l'ai-je déjà précisé, auteure des textes. L'on n'est pas là en présence d'un de ces groupes qu, sitôt évoqués sont aussi vite oubliés des médias. Le Cri du Chat creuse son sillon, avec une détermination joyeuse et en laissant derrière lui des émotions véritables et un plaisir réel pour peu que le lieu et le public s'y prêtent. Il y avait ainsi derrière moi, trois dames en âge de jouer au bridge en se racontant leurs amants de jeunesse autour d'une tisane et qui, anticipant les titres en reconnaissant la musique, se faisaient une joie de reconnaître des morceaux qu'elles avaient appréciés la fois précédente. Et qu'elles avaient dû acheter aussi, je suppose, puisqu'à chaque fois, les concerts permettent au groupe de vendre leur cd.
Plus tard, une fois le repas pris en commun à l'étage, la tablée accueillant le groupe et les membres de l'association hospitalière, le matériel rangé dans la camionnette, ce fut le moment de rentrer en formant une caravane de lumières diffuses dans le brouillard toujours obstinément présent. Je l'ai d'aillaurs retrouvé quand, rendus chez eux, j'ai quitté mes amis et repris ma fidèle twingo pour rentrer chez moi en quatrième, en sifflotant des airs qui m'avaient accompagné dans la soirée. Une épopée discrète, vous ai-je dit, nappée de brouillard et de miaulements hilares...

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K
Jean-phi > d'ac'od'ac cacolac ! comme dirait l'autre .... ¨/^
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K
Dis croix-roussien, tu serais pas plutôt une louloutes fardées plutôt ?:)
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J
Clem > no problemo !croixroussien > de rien, de rien...
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C
jeanphi>j'ai vu ton lien sur le site du cri du chat ; ce que tu écris dans ton commentaire est vraiment super. J'aime beaucoup ce groupe et assiste le plus souvent possible à leurs concerts, toujours différents. Je n'ai pas pu aller au VOX mais je pense que ça a dû encore être rempli d'émotion. Moi, je suis devenu, au fil du temps un inconditionnel.
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C
on vient de lire ton épopée, merci beaucoup tu dis tout ça vraiment bien et en plus ça fait plaisir.On se demandait avec Christophe si on pouvait te piquer un bout du texte pour le mettre sur notre site?à bientôt.bises des matous.voici notre mail lecriduchat@free.fr
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