putains de peupliers...

Publié le par jeanphi

Sont-ce les peupliers ? Non. Je crois bien que mon organisme a développé une résistance à la molécule contenue dans l’antihistaminique qui est censé me protéger de tous ces aériens allergènes. Du coup, depuis des jours qu’il neige en permanence de duveteux petits moutons blancs, mon nez est en permanence bouché (et il coule aussi, paradoxalement), je passe mon temps à éternuer et à me moucher, et je me réveille les lèvres craquelées par la déshydratation après une “nuit” passée à respirer par la bouche.
Rajoutez à ça mes yeux qui, en dépit du collyre, dégustent salement, obscurcissant ma vision marginale en me donnant un regard de lapin albinos un lendemain de rave, et vous avez le tableau somme toute banal du pékin moyen victime de cette malédiction annuelle.
Certes, je pourrais (?) me faire désensibiliser à ces allergènes. Le conditionnel est de mise parce que, par exemple, mon docteur n’a jamais évoqué la question avec moi ; il trouve ça tout à fait naturel de me voir revenir tous les ans pour la même affaire. Il ne doit pas souffrir des mêmes maux je pense !
Sinon, je voulais vous dire un mot à propos de mon lycée. Juste un.
Longtemps (même si ça ne a faire sept ans que je suis là), j’ai trouvé qu’il se caractérisait par une quasi-mort clinique au niveau de son ambiance. Pas de journal lycéen, encore moins de radio, pas ou peu de clubs, pas de happenings dans les couloirs, une uniformisation vestimentaire réelle, et des comportements itou.
Et puis, cette année, j’ai observé des changements. Discrets. A la marge. Mais réels. Dans la cour que l’on peut observer (en attendant qu’on nous demande de la surveiller) de la salle fumeurs, j’ai d’abord vu des jeunes, surtout chevelus (alors que l’ado conformiste arbore un cheveu court de bon aloi) s’y amuser : à la balle en papier, au frisbee (quitte à le remplacer par un plateau de cantine le cas échéant), au ballon... Puis, d’étranges messages à la craie ont commencé à apparaître sur le sol macadamisé ; à peu près à la même époque où l’administration, prenant acte du fait que ces jeunes s’asseyaient par terre,leur a donné des bancs et des tables (genre aire de repos) en plastique imitation bois (légères, non fixées).
Il y a donc eu, ces derniers mois, quel que soit le temps, mais surtout depuis que j’éternue à nouveau, une vie dans cette partie du lycée qui m’a rasséréné et rassuré sur la capacité de ces jeunes à s’amuser sur leur lieu de travail. Quand j’y pense, le noyau dur de ces jeunes a aussi été responsable de la décoration d’un coin de la cour avec des guirlandes à Noël (!) et se trouvait sur le pont de Joigny ce fameux vendredi.
Vendredi, et j’ai râlé de ne pas avoir, comme mes élèves, d’appareil-photo en forme de téléphone, ils avaient dessiné un Bob l’éponge immense qui nous souriait...

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Publié dans ma vie - mon oeuvre...

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