in guns they trust

Publié le par jeanphi

Qu'il est loin le temps où la télévision américaine brocardait son armée en adaptant M.A.S.H., ou, quelques années plus tard, en revenant chatouiller la question vietnamienne dans L'enfer du devoir !
Redevenus les maîtres incontestés du monde suite à l'effondrement du communisme buveur de vodka, les Etats-Unis ont décidé de mettre à rofit leur télévision pour en faire un outil de propagande à la gloire de leurs forces armées dans un premier temps, de leur politique étrangère dans un second temps. Le déclic fut le succès rencontré par J.A.G, la série de Bellisario sur les avocats de la marine qui permit de donner à des juristes en uniformes le glamour que même Tom Cruise n'avait pas réussi à avoir face à Jack Nicholson. Mieux encore, après l'attaque du 11 septembre 2001, la série s'adapta, envoyant ses avocats en Afghanistan.
La série ne s'embarrassait pas de crédibilité, forcée de naviguer entre apologie des différents corps d'armée, justification de leurs budgets respectifs, pseudo-romances et glorification de l'action brute.
Face au succès des Experts, une série dérivée naquit : N.C.I.S. qui, tout en véhiculant les mêmes valeurs (en pire : les opérations spéciales étant réduites à des images vidéos ou satellitaires dans une salle high-tech) sur fond d'enquêtes criminelles. Mais N.C.I.S. mania d'entrée de jeu l'humour et le charme, réussissant là où J.A.G ne reposait que sur la machoîre carrée de son héros et la poitrine surdimensionnée de son acolyte.
Mais alors que l'adminsitration américaine s'enlise en Afghanistan et en Irak, alors qu'elle a dû reconnaître ses mensonges et admettre que ses militaires et agents de renseignements torturaient, les séries les plus récentes dépeignent une autre image.
Deux exemples : dans la saison 4 de 24 qui continue à diffuser tf1 la banalisation de la torture est monnaie courante (qui veut la fin veut les moyens) sauf quand une ONG vient fausser la donne. Sauf que, Amnesty Global, ça ne serait pas une version déguisée de Amnesty International ? Et voilà comment, l'ONG la plus digne de confiance, celle qui lutte pour la libération de tous les prisonniers d'opinion, se retrouve représentée sous la forme d'un avocat défendant un terroriste !
Dans E-ring [Division des Opérations Spéciales] que programme france 2 le dimanche après-midi dans le même créneau horaire auparavant dévolu à J.A.G, on voit des officiers orchestrer du Pentagone des opérations clandestines : la première fois l'extraction d'un agent chinois de Chine, aujourd'hui enlever en Ouzbékistan un membre d'Al-Qaeda en faisan intervenir des commandos basés en Afghanistan. Dans l'épisode du jour, deux indices de ce qui chatouille les Américains : un de leurs porte-avions est coincé dans un port italien par u navire écologiste français, alors le colonel (joué par Dennis Hooper !) sollicite l'attaché de l'ambassade de France pour que, au nom de l'alliance entre les deux pays, la France intervienne. L'épisode se conclut avec des images montrant un incendie à bord du navire écolo. Et voilà comment on mélange l'épisode du Rainbow-Warrior, le navire de Greenpeace coulé par la DGSE française, avec le ressentiment américain envers la France qui a dit non à l'escapade irakienne.Vous allez dire que je fais un raccourci un peu hâtif, mais la télévision américaine n'en finissant jamais d'essayer de refléter sa société ou l'image qu'elle voudrait s'en faire, il est important d'être vigilant face à ce déferlement d'images.
Deux autres points me reviennent, pour compléter ce tableau va-t-en-guerre : dans Lost, la torture et les armes à feux reviennent périodiquement sur le tapis, comme si, une fois que discussions et négociations avaient échoué, on finissait toujours par se résoudre à passer à l'acte. L'épisode où Saïd questionne Henry et se souvient de l'événement qui fit de lui un bourreau (formé par la CIA) est à ce titre révélateur. Mais Lost, perdue qu'elle est dans un labyrinthe mystico-narratif parvient à instiller une certaine dose de cynisme et de recul pour que le spectateur se pose des questions. Reste que le pouvoir est aussi à celui qui a des informations et l'accès aux armes...
Il n'en va pas de même dans Prison Break, la série que diffuse m6 et dans laquelle un type se fait incarcérer dans une prsion afin d'en faire évader son frère qui doit être éxécuté pour un crime qu'il n'a pas commis. Point de remise en cause de la peine de mort ni du système carcéral dans cette efficace série qui est aux antipodes d'Oz ; ici, la fin veut les moyens, la torture, la mutilation, la trahison, tout est bon, qu'on soit dehors ou dedans. Apologie de l'individualisme, la série repose sur la fratrie et ses liens. Elle ne dit jamais combien d'Américains sont dans le système pénitentier américain, ni quelles sont leurs origines ; tout au plus laisse-t-elle entrevoir un avenir nihiliste, fait de discrimination ethnique et de pouvoir du fort sur le faible.
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Publié dans téléséries

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L
Rien à redire sur ce panorama des séries télévisées va-t-en guerre, si ce n'est peut-être relativiser en ce qui concerne LOST. Les naufragés forment une communauté humaine réduite, et je trouve plutôt normal que les scénaristes explorent les conséquences de leur isolement. Ils reconstruisent petit à petit une société, et se posent des interrogations importantes sur la place de la violence dans les relations entre eux
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T
Aarrrgghhh.. J'ai tellement de boulot que j'ai la tête sous l'eau et que j'en perds mon humour -pourtant légendaire - Désolée, Jean-Phi... Tu dis :"(...) par des cinéastes qui trouvent là un emploi qu'ils n'ont plus au cinéma."Et j'ajouterai que c'est bien navrant mais que tu as raison. Pour ma part, le grand écran reste -et de loin- l'espace légitime pour visionner une oeuvre... c'est en fait peut-être plus avec le format de la TV que j'ai du mal qu'avec les séries, elles-mêmes. Mais le petit écran pour suivre des aventures... j'arrive pas. Ca me rebute. Je me concentre pas. J'ai toujours envie de faire autre chose en même temps... genre, par exemple, repasser mon linge propre ;-). Bonne soirée... paraît qu'y à des bonnes daubes bien franchouillardes à la télé, ce soir.
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J
Tolga > c'était une boutade ! comprends que à compter du moment où, d'emblée, tu conchies lla télévision et les séries américaines, il ne me reste plus que l'ironie afin, à défaut de te convaincre, d'essayer de te faire sourire. Loin de moi l'idée de vouloir comparer ces deux médias qui ont tissé des liens aussi étroits que consanguins. Ainsi, parmi les séries citées dans mon texte, beaucoup sont réalisées par des cinéastes qui trouvent là un emploi qu'ils n'ont plus au cinéma.
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T
Mmmmmmmm... Jean-Phi, dés que tu redis un truc aussi débile en comparaison de la TV et le cinéma... N'hésite pas, siffle-moi. J'repasserai. Tchusss....
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C
Fred> Malheureux, c'est pas toi qu'es avec.....Oh, Faut pas déconner non plus....
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