télé du lundi...
| Sélection télévisuelle du lundi. Amis vacanciers et les autres, adeptes du camping ou des ambiances climatisées, bloggeurs ou bloggueuses, l’heure est grave. Maintenant que la parenthèse footbalistique est derrière nous pour au moins deux ans, à présent que l’été est absolument là, il est plus que temps de regarder la réalité en face : qu’en est-il de notre télévision en ce premier lundi post 9/07 ? Du côté des classiques rendez-vous, le choix est vite fait s’il est ardissonien. En effet, entre la resucée de la “saga” du Zodiaque produite par tf1 et la soirée Intervilles de france3, il n’y a pas photo : c’est le service public qui l’emporte. Sur quoi me bases-je ? Quel est l’intérêt de ce genre de “saga” (oui, les guillemets sont de rigueur), sinon, à l’instar de Dolmen, les paris à faire sur l’épisode où l’on apercevra les seins de Claire Keim ? (cela dit, que cela ne vous empêche pas de voir, à partir de 22h40, Grey's anayomy ! !) Quant à “Intervilles”, pour avoir déjà été en villégiature, tant à Font Romeu qu’à Port Barcarès, je ne peux que me féliciter d’un affrontement montagne-littoral qui va permettre à ce qui reste de ferveur populaire de s’exsuder en douceur... N’ayant ni accès au câble, ni à la tnt, ni au satellite, je ne peux m’empêcher de trouver que Canal plus nous pose une colle. Son choix de diffuser FINAL CUT, l’étron soi-disant de sf d’Omar Naim dans lequel Robin Williams est ridicule en dit long sur la perception qu’à la chaîne du succès annoncé des seins de Claire Keim. En fait, il y aura bien un choix cornélien à faire ce soir, l’un de ceux qui vont encore me faire zapper comme une victime de la maladie de Tourette. Ce match-là va se jouer à trois entre france2, arte et m6. |
![]() m6 quant à elle, en prévision de la sortie, mercredi, de SUPERMAN RETURNS de Bryan Singer, a décidé de rediffuser le chef-d'oeuvre de Richard Donner : SUPERMAN . C’est la version canonique, canal historique, pré-accident de Christopher Reeves et séries télévisées revisitant le personnage mythique. Même si j’ai toujours été, dans l’univers DC, un fan de Batman, la figure de Superman m’a toujours fasciné en cela qu’elle représentait un idéal-type, un archétype de l’homo americanus tel que les Américains le voyaient : vertueux, humain, moraliste, issu de la campagne, journaliste. On n’est jamais loin de Bartleby quand on observe Clark Kent... | L’une des ultimes séquences de la seconde partie de KILL BILL nous offre aussi une analyse pertinente du héros de Siegel et Shuster, ces deux immigrants juifs qui surent créer l’un des mythes de l’Amérique nouvelle. Et le SUPERMAN ? Le film est splendide. ![]() france 2 rediffuse en effet QUAND LES AIGLES ATTAQUENT [Where Eagles Dare] de Brian G. Hutton, avec le sempiternel mari d’Elizabeth Taylor et, surtout, Clint Eastwood. C'est avec le même Hutton que Eastwood tournera, deux ans plus tard, DE L'OR POUR LES BRAVES [Kelly's Heroes], ce bijou désopilant. Film de guerre classique sans grande envergure tant idéologique que filmique, QUAND LES AIGLES ATTAQUENT est un divertissement solide, bien charpenté, qui nous rappelle une époque pas si lointaine où la perspective de jouer dans son salon ou en ligne à Medal of Honor ou Call of Duty n’était que de la science-fiction... |
![]() | arte, enfin, joue la carte de la classe ultime en faisant, pour l’été, de la case lundi une case western dans laquelle elle va diffuser des films anthologiques ! En attendant donc, LES CAVALIERS et LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT qui sont annoncés, elle nous offre ce soir une véritable perle rare : HEAVEN'S GATE[La Porte du Paradis] de Michael Cimino. Je suis un grand thuriféraire de l’oeuvre de Cimino qui, à mon sens, n’a jamais commis qu’une seule erreur, et encore de casting, en acceptant de faire jouer à Christophe Lambert le rôle du SICILIEN. Car mise à part cette bévue, l’on ne peut que reconnaître le génie de ce cinéaste qui, en peu de films aura marqué aussi durablement le cinéma américaine. HEAVEN'S GATE se situe exactement à équidistance de mes deux Cimino préférés que sont LE CANARDEUR et THE DEER HUNTER. Ainsi est-ce un western, au moins en apparence, au même titre que LE CANARDEUR qui pourrait se situer au XIXe ou au début du XXe siècle. Ainsi est-ce un film de guerre, du moins est-ce ainsi que je le vois, comme THE DEER HUNTER, du moins dans ses séquences vietnamiennes l’est aussi. |
| Mais là où HEAVEN’S GATE se départ de ces deux bornes fixées par mon expérience et mon regard d’enfant (LE CANARDEUR) puis d’adolescent (THE DEER HUNTER), c’est qu’il n’est rien de tout cela et bien plus encore. Film marquant la fin d’une certaine innocence que les années 70, celles du Vietnam justement, avaient infligé aux genres primitifs comme le western, HEAVEN'S GATE nous dépeint une Amérique dans laquelle les cow-boys sont des criminels et les immigrants de la vieille Europe un bétail prompt à être écrasé comme les indigènes amérindiens. Guerre civile qui n’en est pas une, le film nous écrase par sa dimension universelle, sa volonté de concentrer en un film tout ce qu’un auteur voudrait léguer si c’était son testament. Il faut le revoir pour se rappeler qu’ensuite, en dépit de son échec et de la poisse qui lui colla aux basques, Cimino fit d’autres films, pour prouver qu’il n’était pas mort. |
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