cluny brown...
![]() Si l’action de CLUNY BROWN (aka LA FOLLE INGÉNUE) se situe en 1938, et que le film d’Ersnt Lubitsch date lui de 1946, il n’a pas vieilli d’un poil. En ce sens il est resté tel que je m’en souvenais, aussi délicieusement rétro et agréablement plaisant. CLUNY BROWN, plus encore que les autres films de Lubitsch (que j’idolâtre) est un de mes films préférés en raison de mon histoire particulière avec lui. C’est un des premiers films que je me souviens avoir magnétoscopé et, suite à un faisceau de circonstances que je m’explique pas, j’ai aussi perdu. C’est un des premiers films que j’ai vu, en son temps, au Rex, le défunt cinéma de la place Arnaud Bernard à Toulouse. Revoir CLUNY BROWN sans sentir l’inconfort masochiste des fauteuils étroits du Rex, ce n’est pas la même chose.. C’est, enfin, le film que, sans le rechercher, je désirais secrètement avoir dans ma collection de dvds. Son éditeur, Carlotta, a aussi sorti, deux autres films splendides et à la classe inimitable, UNFAITHFULLY YOURS (INFIDÈLEMENT VÔTRE, que je n’ai pas, à mon souvenir, vu) de Preston Sturges et I WAS A MALE WAR BRIDE (ALLEZ COUCHER AILLEURS) d’Howard Hawks dans lequel l’impayable Cary Grant est obligé de se travestir en femme. L’élégance européenne de Charles Boyer en épicurien tchèque désargenté et le charme hardiment juvénile de Jennifer ne m’ont jamais quittés depuis, quoi que je n’ai jamais non plus su quoi faire de ce genre de représentations sublimées... Lubitsch dépeignait un monde de fantaisie légère, nimbée de champagne, de possibles heureux, de rire capable de transcender l’horreur d’un monde en proie aux pire errements (il est beaucoup question de Hitler au début du film) mais à l’intérieur duquel il est encore loisible d’aimer, de plaire et de faire la nique au destin que son origine sociale a choisi de lui donner. Enfin, bon, hein, tout ça, c’est entre moi, mes souvenirs d’adolescent découvrant les comédies américaines des années trente-quarante dans un vieux cinéma, et la nébuleuse incertaine des fans de Lubitsch... |
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