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| Mes vacances à Toulouse (2) Il y a deux questions que l’on me pose à chaque fois que je redescends à Toulouse ; deux questions auxquelles je suis à la fois habituées mais pour lesquelles je suis toujours aussi embarrassé ; deux questions insolubles, inévitables : pourquoi (ou quand, c’est une variable) est-ce que je ne demande pas ma mutation à Toulouse (ou plus près, dans le Sud-Ouest, c’est aussi une autre variable) ? pourquoi est-ce que je remonte aussi tôt au lieu d’en profiter jusqu’à la dernière limite (comme ces enfants qui ne veulent pas quitter la plage tant que l’heure du départ n’a pas irrémédiablement sonnée) ? A la première je réponds invariablement par un argumentaire composite fait de “je me sens bien là-bas”, de “je travaille bien avec mes collègues”, de “je ne supporterai plus de vivre dans une ville comme Toulouse” et de “on verra bien plus tard” (ou encore “je n’y pense pas pour l’instant” ou “je n’ai pas de véritable raison de m’en aller”...). Un autre truisme me sert parfois d’échappatoire : je sais ce que je quitterai mais pas ce que je trouverai. Je sais, c’est mince, mais il s’agit de fuir une question inquisitrice, lancinante, posée sur tous les tons mais avec, comme commun dénominateur, la même incompréhension de la part de mes interlocuteurs ; c’est comme si personne, chez mes proches, mes amis, les gens auxquels je suis amené à en parler (et qui ne sont ni des proches ni des amis), ne comprenait ce qui pouvait bien autant me retenir ici et m’empêcher de revenir dans le giron toulousain. A la seconde j’ai toujours la même réponse qui, quoique convenue et circonstanciée, n’en est pas moins vraie, sincère et naturelle : je dois (me) préparer (à) la suite, c’est-à-dire, le plus souvent, ma rentrée scolaire (copies, cours, paperasses etc.). J’évoque à l’occasion, lorsque le besoin de me justifier devient pressant, la nécessité de reprendre mes marques, de ranger mon chez moi, de me réhabituer au calme, enfin ce genre de choses. C’est mince là aussi (quoique ce coup-ci, le travail à faire pour le 25 avril est conséquent) mais qu’y puis-je, ce n’est pas moi qui choisis les questions... Pourquoi en parler alors ? Je ne reproche pas à mes proches/amis de me les poser (d’autant que, paradoxalement, on me les pose aussi ici...) avec la même constance depuis près de sept ans déjà. Je sais pertinemment qu’on continuera à me les poser longtemps, là-bas comme ici, tant que je n’aurais pas matérialisé une raison irréfragable à mon “exil” volontaire. D’ici là, je répondrai encore et encore que, non, je ne sens pas le besoin de demander ma mutation et, non, je ne resterai pas un jour de plus parce que j’ai des “choses” à faire chez moi. ps : je remercie ma sœur Marie de m’avoir fait découvrir (je l’écoute alors que je tape ce texte) l’album de Katie MELUA, Call Off The Search... Alors, pour le plaisir , un lien vers le site officiel de la Géorgienne à la voix suave et un autre en français. |
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