Lorsque je suis à Toulouse en vacances et que je ne suis pas avec des amis, je passe le plus clair de mon temps avec ma famille. Et même si toutes nos soirées n'y sont pas consacrées, j'aime énormément voir des films avec eux ne serait-ce que pour échanger impressions et sentiments. Et puis du fait que je vais moins au cinéma, on a moins à se prendre la tête au sujet des films déjà vus... | | THE INVASION n'était ni fait ni à faire et, d'ailleurs, sa sortie est passée inaperçue. Réalisé par Oliver Hirschbiegel, le réalisateur de LA CHUTE sur un scénario inconsistant de Dave Kajganich, le film est la quatrième adaptation de Invasion of the Body Snatchers, le roman de Jack Finney écrit en 1956. Mais là où Don Siegel (1956) puis Philip Kaufman (1978), voire Abel Ferrara (1993) avaient réussi à retrouver l'esprit de l'histoire, l'adaptant au contexte de leur époque (la parano anticommuniste pour Siegel, la déshumanisation urbaine pour Kauffman, l'appareil militaire pour Ferrara), Hirschbiegel nous donne à voir une enfilade de clichés, de scènes prévisibles et de rebondissements qui tombent à plat. L'analyse du danger et sa résolution se font tellement vite que ça en est ridicule. De même, alors que dans les films précédents, la menace était heureusement contenue dans un espace restreint, sa mondialisation, quoique étant une bonne idée, ne fonctionne pas. Les comédiens ( Kidman, Craig, Northam) ont l'air hébétés et se comportent comme des pantins méacniques sans état d'âme. Au final, un ratage absolu. | | | A l'inverse, sans être une surprise (j'avais adoré LES INDESTRUCTIBLES), le RATATOUILLE de Brad Bird m'a vraiment fait passer un bon moment. Bon il faut aussi dire que je l'ai vu avec ma nièce et mon neveu qui n'en revenaient pas que je ne l'avais pas déjà vu. J'adore voir des films avec eux, surtout Martin, six ans qui rie à chaque fois de bon coeur, sans retenue, comme je le fais encore quand tant d'adultes se retiennent par convention. Je ne reviendrai pas sur l'histoire ni sur la recette de ladite ratatouille. Le film, drôle, enlevé, m'a surtout plu par son apparente faiclité et simplicité alors qu'on en arrive à un degré de sophistication et de réalisme dans la mise en scène et en image qui ne cesse de me fasciner. A cet égard, la scène où Rémy se retrouve pris dans un tourbillon d'eau dans les égoûts, aussi brève que spectaculaire, est phénoménale. Enfin, là où je m'attendais à davanatge de clichés sur Paris et ses habitants, le film demeure relativement sobre et ça, c'est pas dommage ! | | | J'avais raté en salle le INTO THE WILD écrit et réalisé par Sean Penn alors j'étais assez impatient de le découvrir. Adapté de Voyage au bout de la solitude, le roman de Jon Krakauer racontant assez lyriquement le destin de Alexander McCandless, un jeune homme déterminé à atteindre le but qu'il s'est un jour fixé (aller en Alaska et y vivre), le film nous dépeint donc son voyage, découpé en grands chapitres comme autant de phases de sa vie, et ses rencontres. Le tout baigne dans une atmosphère bucolique à la Thoreau n'étant pas sans rappeler, toutes proportions gardées, UNE HISTOIRE VRAIE de Lynch. De ses rencontres, d'ailleurs, je retiendrai surtout l'une des dernières, celle avec le viel homme interprété superbement par Hal Holbrook. Peu importent les polémiques soulevées par l'histoire puis son adaptation en ce qui me concerne vu que, au bout du compte, en dépit des efforts de Penn qui est un grand réalisateur, des partenaires de Emile Hirsch et de sa prestation physique, et de la beauté plastique générale du film, celui-ci ne m'a pas ému réellement. Est-ce le manque d'explications sur les motivations de son héros ou son incapacité à se lier aux gens qu'ils rencontrent, mais ce type-là m'a laissé froid. Alors, du coup, son destin, ses leçons de vie à deux balles... Dommage donc. | | | En revanche, KING OF CALIFORNIA, écrit et réalisé par Mike Cahill, aura été la meilleure surprise de ce mois d'août. Loitainement inspiré (paraît-il, chuis pas un spécialiste) de La Tempête de Shakeaspare, le film raconte les retrouvailles d'une jeune fille de seize ans (la délicieuse Evan Rachel Wood) avec son père ( Michael Douglas), musicien de jazz, qui vient de sortir d'un hôpital psychiatrique. Ils se retrouvent donc dans la maison familaile, belle bâtisse en bois qui est isolée au sein d'un ensembles de baraques typiques des banlieues californiennes. Le face à face est tendu, nourri d'incompréhension jusqu'au moment où le père révèle à sa fille son projet : mettre la main sur un trésor datant de la conquête espagnole et qui, selon ses calculs, se trouverait enterré sous une grande surface de bricolage ! ! A l'arrivée, cela donne un film en demi-teintes, alternant comédie et acènes plus nostalgiques, le tout étant très très humain. Douglas est génial, y compris quand son personnage devient horripilant. C'est un bonheur de le voir, à son âge, avec sa carrière, se donner à ce rôle avec autant de fraîcheur. Et puis, le film joue aussi sur une corde sensible qui ne peut que résonner chez tous ceux qui ont gardé cette passion pour les chasses au trésor... | | | Enfin, il y a le cas de L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD, le film écrit et réalisé par Andrew Dominick d'après le roman de Ron Hansen. Je dis bien le cas parce qu'outre qu'il a un des titres les plus longs que je connaisse, c'est tout de même un film qui s'adresse aux Etasuniens en redonnant vie, puis mort, à un des mythes de leur histoire, le bandit Jesse James. Et c'est un Néo-Zélandais, connu pour n'avoir fait qu'un seul autre film consacré à un tueur en série, qui s'y est attelé ! De plus, le film se distingue par sa longueur (2h40) qui par moments semblent de la langueur et ce temps donne au film un rythme qui, non seulement permet d'installer les personnages dans une chronologie mais aussi plonge le spectateur dans un état proche de l'hypnose. L'alternance visuelle entre plans très larges, westerniens, avec plans rapprochés circonscrits à un cercle entouré de noir comme pris par un appareil photo d'antan, sans oublier le travail de désaturation des couleurs, tout cela contribue à nous faire perdre nos repères visuels habituels, et notre notion du temps. Par ailleurs, et on s'en serait douté, le film repose et s'arcboute sur un casting impeccable. Bien sûr, il y a Brad Pitt qui incarne à merveille un Jesse James changeant, malade et surtout inquiétant ; il y aussi, et surtout, Casey Affleck, alias Robert Ford, qui s'échine à exister à côté de son aîné et finit, malgré lui, par ne pas y arriver. Affleck est définitivement un type qu'il faudra suivre à l'avenir. | | Mais je retiendrai pour ma part un des seconds rôles, un des bras cassés du gang James, joué par Garrett Dilahunt. Longtemps cantonné aux séries tv (on l'a encore vu dernièrement dans John from Cincinnati ou The Sarah Connor Chronicles), Dilahunt est aussi apparu au cinéma (il jouait par exemple dans NO COUNTRY FOR OLD MEN), quoique pas assez à mon goût. Enfin, donnant sa mélodie au film, il y a la musique, composée par Nick Cave et Warren Ellis qui lui donne un côté balade tragique ps : oserai-je rappeler qu'il y a une devinette, probablement la dernière de ces vacances, en jeu ? | |