Triangle : un mac guffin à la hongkongaise

Publié le par jifi

Dans une conférence de presse dans le making-of du film, Tsui Hark explique que tout en étant amis, Ringo Lam, Johnnie To et lui n'avaient jamais travaillé ensemble et que les réunir, c'était comme mettre trois cuisiniers ensemble. Je rajouterais, facétieux tant le plaisir évident qu'ils ont pris à tourner, une demi-heure chacun, de ce polar pour le moins atypique, est évident. Il n'a pas fallut pourtant moins que six scénaristes pour venir à bout de ce cadavre exquis. En effet, même si aucune transition n'annonce le changement de relais comme en athlétisme, chaque partie s'enchaîne naturellement avec la précédente. C'est à peine si l'on est déconcerté par la dernière, toute bucolique alors que Johnnie To est plutôt un réalisateur urbain. Mais il faut dire aussi que le décor final, mi-bayou, mi-champ de hautes herbes et forêt, tranche avec le paysage mental que l'on a de Hong-Kong. Pour ceux qui ont vu FLASHPOINT (dont je reparlerai à sa sortie en dvd) il sera néanmoins familier. Triangle de réalisateurs, donc, au meilleur de leur art, mais aussi de comédiens puisqu'à côté du jeune Louis Koo (le chauffeur de taxi), on retrouve Simon Yam (le mari cocu) et, surtout, Honglei Sun (l'antiquaire), le méchant jubilatoire du SEVEN SWORDS de Hark. Ils sont tous les trois parfaits en truands amateurs. Mais le clou du film, celui qui donne toute sa saveur à la fin du film, c'est le mac guffin, en l'occurence un sac plastique banal.
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Publié dans mets d'Asie

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