la couleur du noir et blanc...

Publié le par jeanphi

Or donc, si ce n’est que le printemps, c’est tout de même un dimanche. Du coup, l’énergie se fait plus capricieuse, l’envie s’émousse, la dynamique se gondole. Enfin, ce n’est pas non plus comme si je m’étais fixé un seuil d’articles à générer chaque jour.
J’ai donc vu ce matin SKY CAPTAIN AND THE WORLD OF TOMORROW.

Comme je m’en doutais, les concepteurs de la version française du film de Kerry Conran, ne se sont pas aperçus que le héros, loin de s’appeler Sky, était John Sullivan, et que c’était écrit en grosses lettres noires peintes sur la porte vitrée de son bureau. Deux fois au moins, d’autres personnages l’appellent Sullivan. Bah ! ça aurait pu être pire : il aurait pu se retrouver affublé du patronyme de Ciel ! Alors sinon, c’est une merveille dans tous les sens du terme. Cinéphiliquement, graphiquement, musicalement, et autres adverbes du même tonneau, c’est à la fois un hommage de fan à tous ceux qui l’ont précédé, que ce soit au cinéma, la bande-dessinée ou la littérature de science-fiction. Il s’agit d’une uchronie crédible, située dans une année 1939 alternative où des dirigeables servent de moyen de transport (la tragédie de l’Hindenburg n’y a pas eu lieu), où les Allemands, si ils ont fait la guerre de 14-18, ne semblent pas vivre sous la férule nazie, où une armée indépendante menée par le Sky Captain Sullivan vient en aide à la ville de New York et où, en ultime recours, c’est la Navy de sa Gracieuse Majesté qui, à l’aide de ses bases volantes (qui ne sont pas sans rappeler celle du S.H.I.E.L.D de Marvel) d’où décollent des avions de combat aussi à l’aise sous l’eau que dans les airs (comme le zinc de Sullivan) va sauver la mise. On y voyage jusqu’au Népal en suivant une mappemonde de serial comme celle qu’on voyait dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue, on y rencontre des monstres préhistoriques sortis tout droit du premier King Kong, on y croise des robots nipponisants, des armes évoquant PLANÈTE INTERDITE et... j’arrête là parce que je ne veux pas faire une liste inutile. le film est un hommage, y compris dans le moindre de ses plans et de ses cadres qui rappellent autant les couvertures des pulps de sf des années 40 et 50, que les films réalisés à cette époque; On a cette impression troublante de voir un film qui, au lieu d’être tourné en noir&blanc à ladite époque, aurait été (uchronie oblige) directement filmé en couleurs. Mais des couleurs un peu sépia, comme si on regardait un document vieilli, passé. l’histoire quoi qu’on en dise se tient autant que ce genre de film/livre/bd le nécessite : un Méchant aux volontés hégémoniques (sauver le monde en le détruisant pour mieux le reconstruire ailleurs), des séides mystérieux, des morts et des disparitions, des armes incroyables etc. Tout y est, rien ne manque, pas même les doutes (et si Dex était en fait... ?), ni les récurrences comiques (la blonde héroïne déclenchant les catastrophes). On a cette impression agréable de tomber sur un épisode d’une série déjà bien entamée dont a seulement raté les épisodes antérieurs. Mais on sait que ce n’est pas gênant et on ne boude donc pas son plaisir. Les comédiens sont impeccables, que ce soit Jude Law, flegmatique à souhait, Gwyneth Paltrow en Loïs Lane tête-à-claques ; et même Angélina Jolie en borgne (mais quel œil!) qui réussit, un comble, à ne pas jouer de ses seins. il y aurait beaucoup à dire sur le monde qu’a créé Conran et qui me rappelle assez (le fantastique en moins) celui de Arrowsmith de Busiek et Pacheco (Éditions USA, trois tomes dont deux de parus), mais il vaut mieux y aller pour se faire son idée. Pour moi l’affaire est entendue.

ps : allez donc voir le dessin que domrod a fait aujourd'hui après avoir vu le film ! !
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