gogo monster...
En ces temps où le froid de gueux se dispute avec labsence de soleil le rôle du facteur le plus déprimant, je nai cependant pas envie de céder à lappel du vide ressenti dernièrement dans mon quadrant de la blogosphère. Sans vouloir généraliser, jai pu observer que nombre de bloggeurs que jaimais suivre se sont pour ainsi dire mis en sommeil sous des prétextes qui nous permettent jour après jour de nous familiariser avec lorthographe de mots aussi désuets que fallacieux ou spécieux. Las ! comment leur en vouloir malgré tout quand la conjoncture est aussi navrante ? Mais, disais-je, contraignant mon intrinsèque pessimisme aux limites marginales de ma perception, jai plutôt décidé de parler de choses qui me font plaisir (*) ces jours-ci. Ou plutôt dune, ne soyons pas gourmands. Depuis que jai achevé au pas de charge, excité comme un enfant qui découvre Jules Verne, L'Héritage de l'Armageddon , le deuxième tome de la trilogie de David Weber (LAtalante) commencé avec La lune des mutins jai enfin pu commencer un manga prêté par Carole il y a déjà un certain temps et qui nen finissait plus de se languir sous ma pile de livres au pied de ma non-table de nuit. Il sagit de Gogo Monster de Taiyou MATSUMOTO, publié par Delcourt dans un format (disposition à la japonaise) avec une couverture cartonnée épaisse en couleurs et un boîtier pour le protéger, un très bel objet livresque de surcroît. |
De MATSUMOTO je connaissais déjà Number Five, sa série de science-fiction à tendance MOËBIUS parue chez Kana, dans la collection Made In Japan qui, heureuse coïncidence, a aussi publié Icare, la collaboration réussie entre Jirô TANIGUCHI et MOËBIUS. Je ne connais pas en revanche son autre ouvrage, Ping Pong (**), que publie aussi Delcourt mais sil est à la hauteur de Gogo Monster... Or donc, il est temps que jen vienne au dit manga susnommé ! Gogo Monster est un livre assez inclassable. A la fois chronique dune année dans la vie de jeunes collégiens japonais, commençant au printemps et sachevant au printemps suivant, cest aussi un récit fantastique vue à léchelle denfants. Je voudrais dores et déjà (ils sen foutent, cest moi qui me fais plaisir) tirer mon chapeau à léquipe qui a mis en forme le livre : Vincent Zouzoulkovsky qui la traduit, Laurent Aiello qui a fait les lettrages et Trait Pour Trait qui a fait la conception graphique. Ça, cest fait. Lhistoire, inracontable, est vue à travers les yeux dun nouvel élève, Makoto qui va se lier damitié avec un élève marginal, qui passe son temps à dessiner, ne se mêle pas aux autres et passe son temps à discuter avec le vieux jardinier de lécole. Ce livre a le goût de lenfance, de cette époque où tout était possible, même ce qui était invisible (surtout ça) et où lon pouvait, seul ou à plusieurs, inventer des histoires sans être tenus de se heurter en permanence au mur de la réalité. Je nen lis que quelques pages chaque soir, pour maccompagner dans le sommeil, pour le faire durer tant que je peux, et préserver le mystère qui entoure Yuki Tachibana, celui qui a vu les Autres... ps : un sujet intéressant sur arteradio à propos dun monteur-son, mais aussi le cuistre BHL lors de son passage chez John Stewart... (*) la grève, cest demain, et là, je sature un peu... (**) et puis je suis un grand fan de ping-pong depuis que jai lu Poisson-chat de Jerome Charyn ... |
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