y a un bruit...

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Ce matin, alors que je me faufilais avec hardiesse dans l’indense circulation jovinienne pour rallier le lycée où j’escomptais professer quelques heures, je me suis pris à songer à l’absence de silence dans l’habitacle de ma twingo.
Ne commencez pas à ricaner entre vos doigts, vous valez tout de même mieux, n’est-ce pas ?
Le fait est que ce n’est pas une voiture excessivement bruyante mais que, à la comparer avec une berline ou un autre type de véhicule plus conséquent, il en ressort que la motorisation de la twingo se transmet assez évidemment à sa carrosserie et que l’habitacle, en tant que caisse de résonance, n’est pas en reste. A l’arrêt, même, elle vibre, tressaute, se plaint.
J’en veux pour preuve un gadget, assemblé à la main par quelque ouvrière sous-payée de la République Populaire de Chine, qui représente un moinillon bouddhiste monté sur un ressort et qui, dès lors que je démarre mon auto, se met à, lui aussi, tressauter. Et dans les virages, il se cabre ! Bref, ma voiture a un caractère que, la plupart du temps, j’essaie d’amadouer en passant de la musique. Cela fonctionne tant que je ne dois pas, en même temps, pousser le thermostat à fond pour désembuer l’habitacle et le pare-brise parce qu’alors, la conjonction dodécaphonique de la motorisation, de la structure de l’habitacle, de la soufflerie, de la musique et du moinillon tressautant atteint des sommets qui me font parfois arriver à mon lycée un tantinet, comment dire, chafouin.
Or donc, ce matin, par une de ces paresses matinales qui précèdent des déferlements d’énergie inattendus, je n’avais pas amené mon autoradiolecteurdecd et je pouvais profiter de l’ambiance toute tressautante de mon véhicule. Sauf que. Sauf que, de fait, un certain bruit éveilla en moi une réminiscence insoupçonnée quoique maintes fois expérimentées. Le bruit en question était celui que fait le clignotant. Banalement trivial, j’en conviens aisément, ce bruit me rappelle cependant, depuis que je suis enfant, le taxi que nous empruntions, ma mère, mes sœurs et mon frère lorsque nous nous rendions chez mon arrière-grand-tante Nanou. En effet, ma mère ne conduisait pas et transporter quatre enfants, armes et bagages en bus, y compris de la Semvat, devait lui paraître trop herculéen. Nous prenions donc le taxi et, longtemps, j’ai confondu, fasciné que j’étais par les bruits et, surtout, le compteur électronique du véhicule indiquant la somme à payer, le bruit du clignotant du taxi avec celui dudit taximètre. A bien y réfléchir, cela tendrait à prouver qu’il y avait, entre le domicile de Nanou et le nôtre, moult virages nécessitant le recours aux clignotants. Ou pas. Le fait est que le bruit, même aujourd’hui, me renvoie à cette époque que je chéris encore avec tendresse.
Tiens, le soleil est revenu. Je vais aller faire une petite sieste alors...

ps : je n'ai jamais, pourtant, eu envie de devenir chauffeur de taxi. La vision, bien des années après, de TAXI DRIVER me confirma dans cette décision...

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Publié dans ma vie - mon oeuvre...

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J
domrod > non, mais y avait des Acadianes !
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D
haaaaaaaaaaan ! Y avait déjà des Twingo quand tu étais petit ?!
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