prérentrée...

Publié le par jeanphi

Chaque année, peu avant la reprise des cours, je sens un creux se former en moi qui s’étend, d’abord de mon crâne, jusqu’à m’emplir totalement, faisant de moi une baudruche improbable, une poupée gonflable de moi-même. C’est un peu comme si je me vidais de l’année civile écoulée pour mieux me préparer à la nouvelle, mais sans vraiment y parvenir du fait que ma fonction me fait aussi raisonner en année scolaire. Ainsi, en début d’année, en septembre donc, souhaites-je aux élèves une bonne année et toute la réussite possible, et cela englobe la fin de l’une et la moitié d’une autre. C’est une gymnastique dont je ne peux me défaire, mais qui m’embrouille dès lors qu’il s’agit de préciser une année en particulier. ce qui la fout mal pour un prof d’histoire vous en conviendrez.
Ça me rappelle l’époque où, pour financer mes études et une indépendance relative, je fabriquais des hamburgers pour une société franco-belge. Il nous arrivait alors, lors des premiers temps de mon purgatoire, de ne quitter le “restaurant”, bien après que les clients s’en soient allés et que l’on ait fini de le nettoyer, qu’aux petites heures du matin. Eh bien, tout en sachant que j’allais revoir certains de mes coreligionnaires dans la soirée suivante, je ne pouvais me résoudre à leur dire autre chose que “A ce soir” quand eux persistaient à me donner du “A demain” parce que leur journée ne s’était pas conclue par le sommeil.
Où en étais-je ? Ah ! oui ! mon vide en creux ! Je ne me l’explique pas réellement tout en reconnaissant que ce n’est pas du trac, ni de l’angoisse. Le fait est que je suis passé d’ombre de mon ombre à silhouette vide en quelques jours et que, demain, il me faudra bien à nouveau être moi-même devant les élèves. Et, donc, me raser.

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Publié dans ma vie - mon oeuvre...

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