la séparation...
«Quest-ce que la séparation ? Cest la neutralité, consacrée par la loi, de lEtat républicain en matière confessionnelle» (Aristide Briand) Vendredi prochain, alors que jaurai la tête dans le cul (je dois être à Dijon pour 8 heures) et que je compterai les minutes me séparant de mon retour, on fêtera, dans une atmosphère je lespère joyeuse, le centenaire du vote par les députés français de la loi portant séparation des églises et de lEtat. Petit rappel de la substance en question qui fonde notre laïcité : Article premier La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. Article 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Voilà, cest carré, cest simple et ça na pourtant ni été sans mal, ni sans être, entre 1940 et 1944, remis en question. Depuis, et le numéro spécial de cette semaine de Charlie Hebdo consacré à cet anniversaire le rappelle, Sarkozy a lancé une offensive visant à dépoussiérer cette loi vénérable mais que daucuns jugent encore scélérate. A lheure où les législateurs voudraient régenter autoritairement la manière denseigner le fait colonial à lécole (1) en ne voulant en retenir que laspect positif, il est important de rester vigilant vis-à-vis de toute |
remise en cause dun des acquis historiques les plus fondateurs de notre république qui reste et demeure encore laïque. Mais cent ans, quest-ce que ça pèse à laune de la volonté de la droite de casser tout ce que la gauche, quand elle en était encore une, a construit au fil des années ? Si la Sécurité sociale qui na que soixante ans cette année en est lexemple le plus récent et le plus significatif, la persistance, en Alsace et Moselle, du concordat de 1801 est une aberration tenace. Comme le chantait Renaud, on choisit ses amis, mais rarement sa famille et il en va de même de notre histoire, commune, de cet héritage tantôt lumineux (1789,1805, 1981), tantôt sombre. Hier soir jai regardé avec attention La Séparation, le docu-fiction retraçant le vote de la loi de 1805 (2). Bien sûr, le discours de Briand, le rapporteur de la loi, est éloquent, du début à la fin, mais jen ai surtout retenu celui de Jean Jaurès, tribun exalté et lyrique, dressant un panorama de la France révolutionnaire (et non schismatique) et dévidant, un à un les arguments en faveur de la loi. « Les droits de lhomme sont le fondement de la laïcité. La laïcité nest pas seulement une réaction anticléricale, cest une philosophie, une philosophie positive qui repose sur le socle des Droits fondamentaux. Les droits de lHomme se réfèrent en priorité à la dignité de la personne, à lautonomie du sujet. Ils supposent un être de raison, capable de choix et dengagements, un individu qui exerce son libre examen, son esprit critique, qui va peser le pour et le contre avant de prendre une décision et qui accepte de confronter ses convictions et ses idées à celles des autres » Jen ai été ému profondément, dautant que depuis, hormis Badinter défendant la loi abolissant la peine de mort en 1981, je nai pas souvenir dun homme de gauche ayant une parole aussi juste, humaine et universelle. Sur la loi de 1905 : le site de Hérodote, celui de la Ligue de l'enseignement et de clioweb Sur le docu-fiction : lisez larticle de Télérama, visitez le site de france 3 et celui de lAssemblée nationale (1) ce qui satisfairait 64% des Français (dont 57% de sympathisants de gauche et 75% de droite)... (2) qui sera rediffusé ce soir à 0h40 sur france 3 et lundi à 14h35 sur france 5. |
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