los tres entierros de melquiades estrada

Publié le par jeanphi


Hier soir, pour la première fois depuis six jours, j'ai allumé le téléviseur de mes amis pour regarder un film en dvd. Bon, d'accord, je vous accorde que, même dans mon cas, ce n'est pas un si grand exploit, surtout dans la mesure où j'ai déjà vu sur internet tout ce que la téloche hertzienne avait hier soir à proposer. Il n'empêche que je suis bien content d'avoir découvert le premier film de et avec Tommy Lee Jones, TROIS ENTERREMENTS.
Ce film, ni simplement américain (texan du côté de Jones), ni tout à fait mexicain (par Guillermo Arriagua, son scénariste), se situe en fait à la frontière des deux, dans cette Mexamerica que le titre ouvrant le film rend bien.
Regardez l'image ci-dessus : le titre en anglais est en bleu, mais pas uniquement pour se fondre dans le ciel ou pour figurer le Rio Grande, mais à mon sens, comme un rappel du drapeau étatsunien ; le titre en espagnol, en bas de l'image, au sud, est en rouge orangé, choix solaire, thermique en diable. Mais aucune frontière matérielle ne les sépare car ils partagent le même paysage, le même horizon. Et comme on le découvrira dans le film, les personnages partagent tous les mêmes espoirs, les mêmes désirs.
L'histoire imaginée et superbement écrite par Arriagua (*) est très simple : un cow-boy mexicain illégal mais travaillant dans un ranch texan est retrouvé mort, enterré à la va-vite (premier des trois enterrements) après avoir été abattu.
Son ami, Pete (Jones) se met en tête de découvrir son meurtrier. Une fois qu'il l'a trouvé, il l'enlève, l'oblige à déterrer son ami (enterré par la police, et de deux) et à l'accompagner, à cheval, au Mexique, pour aller l'enterrer (et de trois) dans son village.
C'est un peu APPORTEZ-MOI LA TËTE D'ALFREDO GARCIA, mais à l'envers, des Etats-Unis vers un Mexique guère différent, hormis la langue.
Je n'en dirai pas plus sur l'histoire car il faut laisser au film le soin de vous embarquer avec ses personnages parmi lesquels je relèverai aussi le troublant, car tout en énergie et animalité, Barry Pepper, vu dans FLAGS OF OUR FATHERS ou encore SAVING PRIVATE RYAN, sans oublier Dwight Yoakam, qui joue le sheriff. Ne donner la palme d'interprétation masculine qu'au seul Jones n'était pas immêrité, mais Pepper, pour le moins, aurait pu (dû ?) y être associé.
Ce film est une merveille qui renvoie non seulement aux films de Peckimpah (sans la sauvagerie), mais aussi au MILAGRO de Redford, au LONE STAR de John Sayles, ainsi qu'à tous les westerns jamais tournés dans ces coins-là, ces paysages qui d'emblée nous hantent car si familiers. mais c'est surtout un film très personnel, habité par son auteur, enfin ses auteurs, puisque le film est autant celui de Jones que d'Arriagua à mon sens. Et quant à moi, je ne cesse depuis de penser à ce vieil aveugle écoutant la radio mexicaine alors qu'il ne comprend pas un mot d'espagnol mais apprécie la musicalité de la langue...


nb : le jeu continue, cela va sans dire !

(*) qui a eu la palme du meilleur scénario à Cannes en 2005, mais a aussi écrit le scénario du 21 GRAMS d'Alejandro Gonzalez Inarritu !
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Publié dans amènes pellicules...

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F
le plus grand exploit c'est que tes amis aie un télévieur !!!!<br /> (aie est ce bien écrit ???) ai aient je ne sais plus !
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